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Mariama Sarr

Les statistiques font froid dans le dos. Selon une étude menée par des enseignants-chercheurs de l’Université de Gaston Berger de Saint-Louis, avec l’appui d’Onu-femmes, la prévalence de violence sur les femmes est de 60% au Sénégal. Ce taux varie d’une région à une autre. La région qui a battu le record des violences basées sur le genre est celle de Diourbel où l’étude révèle que plus de 80% des femmes en sont victimes. Alors que la région de Saint-Louis affiche le taux le moins important, soit 45%. «Même dans cette région, la prévalence est importante, car elle avoisine les 45% dans les ménages», a déclaré le Pr Alpha Ba, un des réalisateurs de l’étude menée il y a environ deux ans, mais  réactualisée il y a de cela quatre mois. «Nous l’avons actualisée durant le mois de juillet pour pouvoir actualiser les données, car les violences, c’est une réalité dynamique qui n’est pas stable.  Donc, il fallait à chaque fois réactualiser les données», explique Pr Ba. La hausse de la violence sur le genre à Diourbel s’explique par la persistance de la pauvreté. «Les facteurs explicatifs les plus importants sur les causes des violences, c’est la pauvreté. On sait que dans la région de Diourbel, il existe de véritables poches de pauvreté. On ne peut dire que c’est la région la plus pauvre du pays, mais il faut y ajouter l’ancrage des Diourbellois dans certaines pratiques socioculturelles», ajoute Alpha Ba qui précise que «ce n’est pas une manière de stigmatiser cette région, mais plutôt pour tirer la sonnette d’alarme». Ce qui ne signifie pas qu’il n’y a pas de violence dans les autres zones du pays. Peut-être même que dans les autres régions les gens ne sont pas enclins à dénoncer les violences.
L’enquête a ciblé, grâce à un échantillonnage de 1 200 ménages dans lesquels 600 individus ont été concernés, des hommes com­me des femmes. Les enquêteurs ont aussi collecté des informations auprès des postes de gendarmerie, de police, de santé, les tribunaux. Ce qui en fait un cloisonnement d’un ensemble de données qui a per­mis d’obtenir ces chiffres. Tou­tes les tranches d’âge ont été con­cernées par l’étude. De la fille de 2 ans à la femme de 77 ans. Mais les victimes touchées par la violence au Sénégal se situent entre 25 et 40 ans. Dans la région de Dakar, la prévalence est de 55,5%.  .
L’enquête a montré que plus de 60% des auteurs des violences sont des hommes qui l’exercent sur des femmes de 2 à 77 ans. Les femmes du 3e âge sont plutôt victimes de violence psychologique au Sénégal. «Concernant les violences sexuelles, il y en a qui sont portées au-devant du public, mais il y en a aussi qui sont tues. Parmi elles, le harcèlement et les attouchements. 75% des violences en milieu de travail sont en rapport avec le harcèlement sexuel. Ce qui démontre combien les femmes vi­vent une pression dans leur mi­lieu de travail», conclut  Alpha Ba.

ksonko@lequotidien.sn

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