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Rompre avec les stéréotypes. C’est une chanson qui revient à chaque 8 mars mais est-il suivi d’effet ? Pour Ina Thiam, directrice du festival Urban women week (Uww), il ne fait aucun doute. Pour elle, la Uww avance et déconstruit des images mais le chemin reste encore long.

Le monde des cultures urbaines a toujours été la chasse gardée de la gent masculine. Comment déconstruire cette image ? A cette interrogation, la Urban women week tente depuis 6 années d’apporter un début de réponse.
L’objectif de ce festival est de sensibiliser le public, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, pour une prise de conscience du potentiel parfois insoupçonné dont regorgent ces femmes, déconstruisant ainsi certains systèmes de pensées et offrant à certaines une possibilité d’émancipation à travers l’art urbain. A cet effet, depuis le 2 mars dernier et jusqu’au 10 mars, une série de programmes est établie. L’ambition est d’ouvrir des «perspectives pour la nouvelle génération pouvant s’identifier à des modèles de réussite issus des cultures urbaines promouvant une image de la femme loin des clichés véhiculés par les médias, la publicité, la société et tous les types de diktat».
En conférence de presse, le bilan des 5 précédentes éditions a été fait. Pour la directrice de la Uww, le festival, à défaut d’écarter la suprématie masculine, a suscité des vocations. «Il y a une progression parce qu’on a fait des émules», a expliqué Ina Thiam. Qui rappelle que «l’objectif était de tracer le chemin pour nos petites sœurs. Elles doivent avoir un modèle de réussite pour pouvoir avancer. En 2013, j’ai fait une vidéo avec toutes les femmes du mouvement hip hop. Depuis on compte une association regroupant plus de 60 femmes. On sent que ça avance même si la vitesse n’est pas encore au point».
Organisé par l’association Africulturban, le premier festival de hip hop au féminin va réunir au tour d’une table et pendant une semaine des artistes, journalistes, vidéastes, photographes ou simplement passionnées par le sujet. Ainsi ce mardi une projection du film Women are heroes (JR) sera organisée au Raw material. Le lendemain, une table ronde au Goethe-Institut évoquera le Hip Hop, féminisme, sexisme et misogynie. La journaliste Bigué Bob partagera son vécu sur ce thème, avec Maiïmouna Back Again, Ndèye Fatou Kane, Moona et Méli de l’Allemagne.
Invité à se produire, l’artiste Allemande Meli a déclaré que partout dans le monde, la femme n’occupe pas sa place dans le hip hop. Elle a donc tenu à encourager ce genre d’initiative et promet de «mettre le feu» ce 8 mars à la scène de l’Institut français de Dakar.
mgaye@lequotidien.sn

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