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La scolarisation des filles est devenue une réalité à Salikégné, village situé à 65 km de Kolda, dans l’arrondissement de Djendé, département de Sé­dhiou. Le directeur de cet établissement public a peint un tableau lumineux concernant la scolarisation des filles. «Aujour­d’hui, les filles représentent 70% de l’effectif qui dépasse 100 élèves alors qu’avant, il était de 50 élèves où les filles représentaient 30 à 32%», renseigne Charles Ntap. «Au Cm1 ou Cm2, on enregistrait beaucoup d’abandons parce que les filles vont s’occuper de travaux ménagers. Il y a beaucoup de paramètres comme les mariages d’enfants, l’excision et autres», a témoigné M. Ntap. Cet établissement, créé en 1998, est passé en 2013 d’une à trois classes seulement avec des effectifs de 50 élèves majoritairement composés de garçons. «Mais avec l’avènement de l’Ong Tostan en 2013, dit-il, les effectifs de l’école se sont accrus avec dans leur majorité des filles. Avant, les effectifs étaient faibles et c’était plus de garçons que de filles parce que les parents retenaient leurs filles à la maison pour les travaux champêtres ou domestiques», explique le directeur de l’établissement. A l’en croire, c’est suite à des séries de sensibilisation faites par Tostan que les mentalités ont évolué et que la tendance s’est inversée. «L’école a maintenant beaucoup plus de filles. Il y en a beaucoup qui sont au moyen et au secondaire», se réjouit-il. Le facteur qui a favorisé cette nouvelle donne est l’éveil de conscience des parents qui ont renoncé à marier leurs enfants de façon précoce, inscrivant massivement leurs filles à l’école, en les laissant poursuivre leur scolarisation. «Ce qui fait qu’aujourd’hui, toutes les filles en âge sont régulièrement inscrites à l’école», salue M. Ntap.
Pourtant, à la naissance, le village enregistre plus de filles que de garçons. Mais cela ne se reflétait pas dans les registres lors des inscriptions à l’école. Ce fait s’explique par la déperdition scolaire provoquée surtout par les mariages précoces. Cette idée reçue qui privait ainsi les fillettes de leur droit d’étudier afin d’espérer un avenir meilleur a été cassée grâce à l’Ong Tostan qui déroule dans la zone de Kolda un programme de sensibilisation sur les droits de l’Homme en général et sur les violences faites aux femmes et aux filles, sur la santé… «Je me félicite du programme de Tostan qui a permis de renverser la tendance, d’accroître les effectifs et de régler les problèmes d’hygiène à l’école, car avant les enfants venaient dans un état trop sale et la cohabitation avec eux dans les classes était difficile», a dit le directeur.
ksonko@lequotidien.sn

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