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L’appareil judiciaire est une fois encore paralysé avec le mouvement d’humeur du Syndicat des travailleurs de la Justice (Sytjust) qui est en train de passer à la vitesse supérieure.

Khady SONKO (avec Aps) – Les greffiers ont entamé hier un énième mouvement de grève de 72 heures. Pour cause, le gouvernement a manqué d’honorer ses engagements, qui avaient abouti à la suspension, il y a quelques semaines, de leur mouvement d’humeur. Entre autres raisons de leur courroux : le statut et le plan de carrière des travailleurs de la justice, l’amélioration des rémunérations par l’octroi d’indemnités et primes et l’élargissement de l’assiette du fonds commun. «La méthode de travail, définie par la Chancellerie et le Sytjus, consistait à impulser ensemble les réformes dans le double sens de moderniser la justice et d’améliorer les conditions, tant sociales que professionnelles des travailleurs de la justice», avait expliqué le Secrétaire général du Sytjust, en août dernier, lors de la suspension de la grève.
Après avoir décrété 72 heures, le Sytjust  a brandi la menace d’une grève illimitée si ses revendications ne sont pas prises en compte. «Le Sytjust a décidé de dérouler son 5ème plan d’action (…) et si cela n’est pas suffisant, nous irons vers une grève illimitée», a menacé son leader, lors d’un point de presse hier. «Nous sommes en grève pour protester contre le non respect des engagements que le gouvernement a pris avec le Sytjust le 8 août dernier», a rappelé Me El Hadji Haya Boun Malick Diop. Le greffier a déploré le sort réservé à tout ce que le gouvernement avait pris comme engagements par les techniciens qui siègent dans des commissions susceptibles de produire les conclusions du projet des statuts que le ministère de la Justice avait établi. Me Diop a indiqué que son syndicat est en train d’être entraîné «dans un dilatoire» à tel point que le délai imparti du 29 août est largement dépassé, soit un retard de 2 mois. Il a rappelé que ces réformes vont dans le sens d’améliorer la qualité du service public de la Justice qui, a-t-il fait remarquer, est «très sensible», car étant «la clé de voûte d’un Etat de droit». Selon Me Diop, le secteur de la Justice ne peut exister si l’on ne met pas les travailleurs de la justice dans de bonnes conditions. «Les mauvaises conditions de travail sont à la base des départs de plusieurs greffiers dont environ 40 démissions enregistrées en moins de 5 ans», a affirmé le patron du Sytjust.
ksonko@lequotidien.sn

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