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La 8e édition de la journée nationale du fonio a été célébrée la semaine dernière à Kédougou sous le thème : «Le fonio, un levier pour le développement de l’initiative entrepreneuriale.» L’occasion a été saisie par les acteurs de la filière pour demander à l’Etat de travailler à la déconcentration de la culture de la céréale pour mieux la valoriser.

Déconcentrer la culture du fonio pour mieux valoriser la céréale, c’est le souhait du Comité national d’organisation de la Journée nationale du fonio par la voix de son président, Sanoussi Diakité, professeur-inventeur de la machine décortiqueuse de fonio, ingénieur des systèmes de formation, expert formation professionnelle et dis­positifs d’insertion, par ailleurs Directeur général de l’Office national de formation professionnelle (Onfp). A en croire ce dernier, les autorités du pays doivent encourager davantage le fonio en déconcentrant sa culture sur l’ensemble du territoire national, en encadrant les producteurs.
Il dit : «Les machines que j’ai inventées ne sont que des instruments au service du fonio.» Et de poursuivre en ajoutant que pour améliorer la production du fonio, il faut de «la volonté». «S’il y a la volonté, on peut passer de 5 000 à un million de tonnes par an», fait-il savoir à l’occasion de la célébration de la Journée nationale du fonio que la région de Kédougou a abritée la semaine dernière. Ce, d’autant plus que, révèle le sieur Diakité, «la céréale n’existe qu’en Afrique de l’Ouest».
Revenant sur la célébration de la journée et son importance dans un contexte où le Sénégal est versé dans une politique d’accélération de la cadence pour faire de l’autosuffisance alimentaire une réalité, il lance : «Nous sommes là pour célébrer le fonio et non une personne ou une institution. Nous devons valoriser cette céréale.» En effet, explique le Dg de l’Onfp, «le fonio est un produit de chez nous. Il n’existe nulle part dans le monde qu’en Afrique de l’Ouest. Mais, il est important de savoir que nous sommes aussi dans un village planétaire et la filière est menacée, car d’autres commencent à s’intéresser à elle».
Par ailleurs, la cérémonie a été l’occasion de venter les vertus médicinales que regorge le fonio. «Il soigne plusieurs pathologies, telles que la diarrhée. La céréale facilite les accouchements douloureux des femmes, lutte contre la constipation, le diabète. Le fonio est également utilisé en cas de luxation ou entorse entre autres», a indiqué Tama Bindia dans un poème.
Venu présider la rencontre, le gouverneur de région, William Manel, a indiqué que l’indépendance la plus importante est celle alimentaire. Dans sa communication, il a rappelé les objectifs du Pracas arrimés au Plan Séné­gal émergeant (Pse). Dans ce registre, le gouverneur de région dira que «le Pracas valorise l’ensemble des spéculations qui contribuent à l’amélioration de la production alimentaire au Sénégal».
Toutefois, la pratique de cette céréale dans la région doit sa prospérité à Aïssatou Aya Ndiaye, qui a très tôt compris l’importance du fonio et l’enjeu à la fois économique et alimentaire qu’elle constitue. Elle a fortement participé à la promotion de la céréale locale au Sénégal et dans la sous région. Cette 8e édition a connu la participation des différents acteurs de la filière des régions de Sédhiou, Kolda, Tam­ba­counda, Kédougou et de la ville de Koundara en République de Guinée.
msdiallo@lequotidien.sn

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