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La 90e cérémonie des Oscars s’est déroulée dans la soirée du dimanche 4 mars à Los Angeles. «La forme de l’eau», avec le prix du Meilleur film, mais également «3 Billboards, les panneaux de la vengeance», qui a reçu deux récompenses, sont les grands vainqueurs d’une cérémonie marquée par plusieurs appels à la lutte contre les discriminations sexuelles et raciales.

C’est l’histoire d’amour entre une femme de ménage et une créature aquatique dans l’Amérique des années 1960. La forme de l’eau, de Guillermo del Toro, a raflé l’Oscar du Meilleur film de l’année dimanche 4 mars à Los Angeles. Nominé 13 fois, la romance fantastique du cinéaste mexicain a remporté au total quatre prix, dont celui du Meilleur réalisateur ou encore la Meilleure musique, composée par le Français Alexandre Desplat.
3 Billboards, les panneaux de la vengeance est l’autre grand gagnant de la soirée. Il décroche les statuettes de la Meilleure actrice pour la prestation de Frances McDormand – une mère éplorée, bloc de colère froide implacable, suite au meurtre non élucidé de sa fille – et de Meilleur second rôle masculin pour Sam Rockwell – un policier alcoolique, raciste et brutal.
Coco, de Pixar, un hommage à la fête des morts mexicaine, a remporté les Oscars du Meilleur film d’animation et de la Meilleure chanson. C’est la 6e victoire d’affilée pour le groupe Disney.
Chez les comédiens, Allison Janney a reçu le prix du Meilleur second rôle féminin pour son incarnation de la mère abusive de la patineuse Tonya Harding dans Moi, Tonya. Quant à l’Anglais Gary Oldman, il remporte celui du Meilleur acteur pour sa performance en Winston Churchill dans Les heures sombres. Une première pour lui.

Lutte pour les droits des femmes
Lors d’un des moments les plus forts de la nuit, Frances McDormand a appelé toutes les artistes féminines dans la salle, actrices, compositrices, productrices, scénaristes, réalisatrices, à se lever. «Nous avons toutes des histoires à raconter et des projets à financer», a insisté la comédienne de 60 ans, oscarisée pour la seconde fois. Et d’appeler les financiers d’Hollywood à s’intéresser davantage aux projets portés par des femmes.
Comme à l’accoutumée, la cérémonie a été l’occasion de revenir sur les évènements de l’année écoulée, en particulier les scandales de harcèlement sexuel qui ont touché le milieu du cinéma. Y compris avec humour, à l’image de Jimmy Kimmel, le présentateur a lancé la soirée en plaisantant sur la célèbre statuette dorée des Oscars, «homme le plus apprécié et respecté d’Hollywood». Pour une bonne raison : «Il garde toujours ses mains visibles, ne dit jamais de gros mots et surtout n’a pas du tout de pénis.»
Ces Oscars étaient les premiers depuis les révélations sur Harvey Weinstein, le producteur déchu, accusé d’avoir harcelé ou agressé sexuellement une centaine de femmes, dont des stars comme Gwyneth Paltrow et Salma Hayek.
Aux côtés de Ashley Judd, l’une des premières à avoir parlé publiquement contre Weinstein, et de Annabella Sciorra qui accuse le producteur de l’avoir brutalement violée, Salma Hayek a présenté une vidéo contre les discriminations à l’encontre des femmes, des minorités sexuelles et ethniques.
La cérémonie a également été marquée par des messages contre la politique anti-immigration du Président américain Donald Trump et contre la politique réservée aux «dreamers», jeunes sans-papiers, par le Président américain.
A noter que le palmarès a récompensé un cinéaste noir, Jordan Peele, pour le scénario de son film d’horreur Get out, satire du racisme bien-pensant. La romance homosexuelle Call me by your name a, elle, remporté l’Oscar du Meilleur scénario adapté.
Enfin, l’Oscar du Meilleur film en langue étrangère est allé au chilien Une femme fantastique de Sebastian Lelio, porté par une actrice transgenre, Daniela Vega.
rfi.fr

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