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En politique, il nous est souvent reproché de vouloir se mêler à gouverner les autres et en même temps de refuser d’accepter le jugement de nos actes par ces derniers. Or, comme disait le grand penseur Maurice Merleau-Ponty, philosophe français du XXème siècle dans sa préface d’ «Humanisme et Ter­reur»(1947) «l’homme politique, en choisissant de gouverner, doit accepter un rôle potentiellement nocif pour lui-même et ceux qu’il dirige. L’homme politique est par définition coupable et doit assumer sa culpabilité». En d’autres termes, dès son engagement, le politique s’expose quotidiennement aux critiques parfois acerbes du Peuple, qui du reste est le premier à subir les décisions ou le comportement de celui qui le dirige.
D’autant plus qu’il sied de constater que le rôle de l’homme politique a considérablement évolué au cours des dernières décennies. Il est caractérisé par deux phénomènes fondamentaux, la personnalisation et la professionnalisation de la politique.
Ainsi, on constate dans certains pays de référence, une accentuation des passions politiques au fur et à mesure que le consensus sur les grandes orientations s’est instauré. Con­trairement au Sénégal où en lieu et place de ces grands rendez-vous, nous avons tendance à nous préoccuper de ce qui devrait être dans l’ordre normal des choses. D’où un débat biaisé qui nous désoriente et nous renvoie souvent vers un discours de pacification, de dialogue pour qualifier le fait que, par exemple, actuellement, nous avons deux fronts qui se regardent en «chiens de faïence» – ceux qui sont pour la reddition des comptes à tout prix et ceux qui se disent oui mais pas sélective. D’où les rappels à l’ordre de nos chefs religieux, à l’instar de l’actuel Khalife général des Tidianes Cheikh Abdoul Aziz Sy Al Amine et de Mgr Benjamin Ndiaye, l‘Archevêque de Dakar, en leur qualité de régulateurs sociaux que nous magnifions au passage.
Dans ce cas, l’enjeu n’est donc plus sur le fond (questions d’ordre économique) mais sur la forme (comment doit se dérouler une procédure judiciaire).
Ainsi les différences de point de vue entre le Pouvoir et l‘Op­position sur des questions d’intérêt national s’estompent pour laisser place à des invectives.
En résumé, l’homme politique se trouve donc remis en cause dans sa fonction et dans les plus essentielles de ses prérogatives.
Or la condition sine qua non et devant être plus apparente est de garder ses idéaux tout en perdant ses illusions (dixit JF Kennedy). On ne peut pas vouloir une chose et son contraire. La justice est en train de dérouler, laissons la faire son travail.
Sachons que le pouvoir de l’homme politique est un pouvoir sous surveillance. Certains penseront que ce n’est là qu’un pléonasme, puisque le politique est censé détenir toutes les cartes du pouvoir. Or, il n’en est rien, c’est le Peuple qui gouverne !
Ainsi, une véritable introspection s’invite au regard des récents événements qui commencent à gangrener le landerneau politique sénégalais. Alors que l’un dans l’autre, quelle que soit la position où on se situe ( pouvoir ou opposition), on se doit de rendre compte à ce Peuple qui nous a donné de ce qu’il a de plus cher à savoir la confiance. Loin de nous de vouloir nous positionner en donneur de leçons mais il urge de se voir les choses en face et de faire notre mea culpa avant qu’il ne soit trop tard ne serait-ce que pour ce Peuple qui nous observe et qui pourrait être meilleur que nous à notre place…
Qu’Allah Swt veille sur notre cher Sénégal Amen !
Elhadji Daniel SO
Homme Politique

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