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Monsieur le Président,
Le Bureau de la Fédération des acteurs de la communication et de l’information du Sénégal (Facs) a le regret de porter à votre haute attention la déception et l’amertume des dirigeants d’entreprises de presse membres de la Facs, écartées injustement des bénéficiaires de la subvention d’appui à la presse que vous avez bien voulu accorder au secteur de la presse sans distinction aucune, dans le cadre du Programme de résilience économique et sociale (Pres) face à la pandémie du Covid-19.
Monsieur le Président,
Cette subvention d’appui aux entreprises de presse dans ce contexte de crise sanitaire et économique ne peut en aucun cas être gérée de la même façon que «l’aide à la presse» dont la gestion nébuleuse et discriminatoire catastrophique lui avait valu d’être rangée aux oubliettes dans le cadre du nouveau Code de la presse qui prévoit en lieu et place un Fonds d’appui et de développement de la Presse. Or tout semble indiquer que les pratiques discriminatoires et l’absence de transparence qui avaient cours dans la gestion de «l’aide à la presse» et qui avaient fait que beaucoup d’entreprises de presse l’avaient boudée depuis des années, ont été reconduites de plus belle dans la gestion de l’enveloppe d’1,4 milliard de F Cfa que vous avez mis à la disposition du ministère pour la presse.
Monsieur le Président,
Vous avez instruit le ministre de la Culture et de la communication de veiller à une bonne répartition de cette subvention d’appui aux entreprises de presse.
Vous lui avez également demandé d’associer les acteurs des medias dans la gestion de la subvention à travers une large concertation avec eux ; ce qui aurait permis la définition de critères objectifs de répartition de la subvention et faciliter l’identification des vrais ayants droit de cette subvention – y compris ceux qui ne sollicitaient pas l’aide à la presse en temps normal et qui se trouvent aujourd’hui en difficulté du fait de la pandémie.
Dans les faits, les acteurs de la presse ont assisté à tout le contraire de ce que vous avez souhaité en dépit des instructions fermes et très claires que vous avez données au ministre Abdoulaye Diop. En effet, le ministre s’est enfermé avec ses collaborateurs dont certains ont intégré récemment le ministère et sans expérience de la gestion de cette subvention donc, pour donner à qui ils veulent la subvention et exclure qui ils veulent, de façon tout à fait illégale et discriminatoire, et aux antipodes de la trans­parence et de la bonne gouvernance que son excellence et les acteurs avaient convenu.
C’est ainsi qu’une bonne partie des entreprises de presse a été exclue de la liste des bénéficiaires, dont 17 membres de la Facs au profit de personnes totalement étrangères au secteur. Toutes les correspondances adressées par la Facs au ministère sont restées sans réponse.
A ce jour, aucun arrêté de répartition de la subvention n’a été publié malgré les nombreuses interpellations de notre organisation sœur, le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (Cdeps). Aucune organisation de la presse n’est en mesure de dire aujourd’hui les critères de répartition de la subvention que le ministre et ses collaborateurs ont mis en avant pour procéder à sa distribution.
Monsieur le Président,
Voilà pourquoi nous venons auprès de votre bienveillance pour que nos membres soient traités sur le même pied que les organes membres des autres associations de la presse et qu’ils bénéficient de leur part de subvention dans les mêmes conditions et dans les meilleurs délais conformément à votre souhait.
Nous exigeons également la publication sans délai de l’arrêté de repartition de la subvention, la liste de tous les bénéficiaires ainsi que les montants alloués à chaque entreprise.
Nous demandons en outre que le comité de suivi du Fonds Covid-19 fasse un audit complet de la façon dont le montant alloué à la presse a été dépensé par le ministère de la Culture et de la communication et que l’Assemblée nationale fasse venir le ministre Abdoulaye Diop pour expliquer aux Sénégalais devant la représentation nationale comment il a géré cet argent.
Autrement, la Facs mènera toutes les actions utiles, dans la stricte légalité, pour que les entreprises de presse membres soient rétablies dans leurs droits. Elle se réserve en outre le droit de publier dans la presse toutes les irrégularités que la Facs a constatées dans la gestion du ministère, avec une liste de toutes les personnes et entités qui ont indûment bénéficié de cet argent.
Dans l’espoir que Monsieur le président de la République fera reconsidérer au ministre de la Culture et de la communication sa position et l’amènera à se conformer à sa volonté, soyez assuré de notre profonde gratitude pour toute décision que vous pourriez prendre dans le sens de rétablir nos membres dans leurs droits ainsi que les entreprises de presse qui ont été écartées injustement des bénéficiaires par la seule volonté du ministre Abdoulaye Diop et de ses collaborateurs.
Veuillez agréer Monsieur le Président, nos très respectueuses salutations.
Le Bureau de la Facs
Villa N 73 Avenue Peytavin, Dakar
opisenegal@gmail.com

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