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Alors que le Magal est prévu dans six jours, l’approvisionnement correct en eau des populations et des fidèles qui vont rallier Touba demeure la principale équation du Comité d’organisation. Pourtant, l’Etat a investi en 2 ans, 1,74 milliard de francs Cfa dans ce secteur. La doléance a été réitérée devant le ministre de l’Intérieur, qui présidait mardi passé la dernière réunion consacrée aux préparatifs de cet événement majeur du calendrier musulman. Le chef de l’Etat, qui est attendu ce matin dans la capitale du mouridisme, devra apporter des correctifs et des solutions à ce problème.

«Le problème de l’eau est une réalité à Touba. C’est un problème très sérieux même si nous reconnaissons que de grands efforts ont été faits. L’affaire de la conduite 315 est une préoccupation majeure pour nous Comité d’organisation.» Ces mots de Serigne Ousmane Mbacké,co­or­don­nateur du Comité d’organisation du Magal de Touba. C’était lors de la réunion nationale consacrée aux préparatifs du Magal de Touba. Une réunion présidée par le ministre de l’intérieur. Aly Ngouille Ndiaye a demandé aux différents services de l’hydraulique de faire ce qu’ils peuvent pour résoudre ce problème. Chose très difficile d’après Mamadou Diokh de l’Ofor. Le technicien a estimé que «la conduite n’était pas prévue. Nous l’avons su par le biais des services du ministère de l’Intérieur. On peut poser le tuyau mais le raccordement, ce sera après le Magal car, il prend 72 heures et on ne peut pas prendre le risque en cette période de Magal de couper l’ali­men­tation de quatre forages névralgiques». Cheikh Bara Maty Lèye : «Le Magal ne se prépare pas en trois mois. Il faudrait six mois après la tenue de l’événement, débuter les rencontres.» En écho, Serigne Bara Lahat Mbacké soutient : «Si un recensement exhaustif des populations n’est pas fait, il sera très difficile voire impossible de quantifier les besoins de Touba.»  A ce sujet, il faut noter que les forages ont été réparés et des travaux d’extension du réseau de l’eau de 45 km ont été effectués. C’est la conduite 315 qu’il faut raccorder à celle de 215. Mieux, pour l’approvisionnement en eau, Mahou Rahmati a contribué 30 millions et 12 kilomètres d’extension. L’autre sujet, qui a retenu l’attention, c’est la maladie de la Dengue. Des participants ont souhaité qu’il y ait un avion d’épandage pour saupoudrer la ville de Touba et ses environs. Sur ce sujet, le commandant Sène de la Brigade nationale de l’hygiène rassure : «Nous avons démarré les opérations de la nébulation pour empêcher la propagation de la moustique  qui transmet.» Il n’a pas manqué de rappeler aux mairies de Touba et de Mbacké, qui devraient remettre le produit pour le saupoudrage. Ce que ces dernières avaient prévu de faire pour hier mercredi. Au cours de cette réunion, Mouhamadou Moustapha Ndao, le gouverneur de la région, a informé de la saisie d’une tonne de médicaments impropres à la consommation, ce qui équivaut à deux millions de francs. Il a aussi fait cas des opérations de contrôle effectuées dans  60 boulangeries, 100 dépôts et 37 officines de pharmacies. Pour ce qui concerne l’électricité, Mouhamadou Moustapha Ndao a fait part du changement de 208 poteaux endommagés et d’un projet de 100 km et 34 postes. Pour le secteur de la Santé, il a fait part de la signature de l’arrêté de la mise à disposition de l’argent de la caisse d’avance et de la contribution de la mairie de Touba à hauteur de 24 millions pour l’achat de médicaments et 15 millions pour le carburant. Il a informé que les soucis notés pour le bâtiment central de l’hôpital Matlaboul Fawzény n’existent plus. Sur le plan de la sécurisation des personnes et des biens, 8 nouveaux postes de police seront installés et ils seront fonctionnels avant le Magal.

Dengue psychose
Quid des questions sécuritaires ? Le gouverneur de Diourbel avance : «Nous poursuivons les patrouilles. Un accent particulier sera mis sur la sécurisation des résidences et des maisons du khalife.» Cette rencontre a été une tribune de révélations. Là où le maire de Touba a fait comprendre que sa municipalité peine à recouvrer 1 milliard de recettes alors que son budget est projeté à 4 milliards, ce qui fait qu’elle ne peut pas faire face aux factures d’électricité, qui avoisinent le bimestre à 1 milliard. Le maire Abdoul Ahad Ka : «C’est ce qui explique que la ville est sombre.» Aly Ngouille Ndiaye a répondu que la municipalité de Touba ne payait pas l’électricité lorsqu’il gérait le département de l’Energie. D’ailleurs pour Serigne Modou Lo Ngabou, «si les populations savent comment sont gérées les taxes qu’elles paient, elles n’hésiteront pas à payer tout ce qu’on leur demande».
badiallo@lequotidien.sn

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