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Abdou Khafor réclame une évaluation de la reprise avortée des cours. Le responsable apériste de Wakhinane Nimzatt relève que l’approche et la planification du ministère de l’Education nationale n’ont pas bien fonctionné. Le Directeur général de la Compagnie générale immobilière du Sahel fait le bilan des 3 mois de gestion de la crise par le gouvernement.

Quel commentaire faites-vous du report de la reprise des cours par le président de la République ?
Rappeler que nous vivons depuis 3 mois une situation nouvelle et inédite avec l’apparition d’une maladie jusque-là méconnue. Avec le Covid-19, rien ne se passe normalement. Il y a un basculement total de nos modes de fonctionnement et d’organisation. Après trois mois d’arrêt, il a été pris en début mai, la décision de réouverture partielle des classes en juin sur la base d’éléments économiques, sanitaires, sociaux et éducatifs objectifs. A l’approche de la date du 2 juin, constatant que le risque sanitaire est réel et toujours là, il me semble que la décision de report me semble très sage. C’est le lieu de rappeler que le pragmatisme a toujours prévalu chez le président de la République dans sa stratégie de gestion de la crise.
Convoyer les enseignants dans les régions sans les tester est-il une erreur commise par le gouvernement ?
J’avoue que ce que j’ai vu à ce niveau le procédé du ministère de l’Education nationale n’était pas le meilleur. Ça, c’est clair. Main­tenant, il faut évaluer tout cela afin d’en tirer toutes les conclusions et que pareille situation ne se reproduise. Il me semble évident qu’il y a des choses dans la planification et dans l’approche qui n’ont pas bien fonctionné.
Comment jugez-vous le plan de lutte du gouvernement après 3 mois de gestion de la pandémie du Covid-19 ?
D’abord, nous sommes partis d’une crise sanitaire, inédite et imprévisible qui a chamboulé tout au niveau mondial. Evidemment au Sénégal, cela a bousculé toutes les prévisions et changé tout. Je salue l’engagement et la détermination du président de la République dès l’apparition du virus en prenant très au sérieux la crise sanitaire avec l’élaboration très rapidement d’un programme de résilience. Il y a la mobilisation exceptionnelle de 1000 milliards pour résister aux conséquences dans le cadre du programme de résilience. Il y aussi l’aide d’urgence pour les populations vulnérables pour un montant de plus de 69 milliards. C’est la première fois qu’une mobilisation d’un tel montant sur notre budget national a été réalisée pour appuyer les populations vulnérables. Au niveau de la prise en charge au niveau continental, je retiens le leadership affirmé du président de la République. Macky Sall a eu la justesse d’esprit d’incarner le leadership au niveau continental en posant les vraies questions relatives à l’annulation de la dette, à la prise en charge de cette pandémie au niveau africain. Ce sont des éléments extrêmement importants. Je retiens aussi le consensus national des acteurs politiques majeurs qui a prévalu au début. Quand arrive le moment de la survie d’une Nation, il n’y a pas de temps pour les ambitions personnelles ou les ego. Et cela, tous les acteurs l’ont compris. Globalement, la maladie a été bien contenue sur le reste du territoire national. Aujourd’hui, 72% des malades sont dans de la région de Dakar. Donc, on peut considérer qu’il fait quelques dégâts mais globalement la maladie est maitrisée sur toute l’étendue du territoire national. De crise sanitaire, nous sommes en train d’évoluer vers une crise économique. Les mesures prises étaient des mesures qui avec le temps commençaient à impacter négativement la vie économique et sociale. Après la première phase de résistance et de résilience, nous sommes dans une phase d’assouplissement. Il faut penser à la relance de notre économie.
Est-ce que l’allègement des mesures de l’Etat d’urgence n’a pas provoqué un relâchement chez les populations ?
Il ne faudrait surtout pas basculer au relâchement surtout dans la région de Dakar. Il faut allier nécessité de reprise de l’activité économique avec la discipline et le respect des mesures barrières. Il ne faut pas se voiler la face : nous vivons des moments difficiles pour tout le monde. La crise a surtout affecté les acteurs de l’économie informelle qui ont beaucoup perdu. C’est le rôle de l’Etat de faire en sorte que les effets de la crise soient moins sentis. L’Etat a l’obligation de prêter plus attention dans le contexte actuel aux inquiétudes et angoisses des acteurs du secteur informel. Il est important de ne jamais oublier que plus de 60 % des personnes en activité dans notre pays sont dans l’informel. Nous devons permettre une réelle reprise de l’activité économique pour tous les acteurs de l’économie.
Pourquoi dans ce contexte de lutte contre le Covid-19, le Président Sall sort un décret pour nommer Aminata Tall présidente honoraire du Conseil économique ?
Je veux être factuel. J’ai vu un décret nommant Mme Aminata Tall, présidente honoraire du Cese. Je pense que Mme Aminata Tall est une figure de la République, une grande dame qui a travaillé pour son pays. La République sait reconnaître ses serviteurs. J’entends qu’elle a traversé tous les régimes. Si c’est le cas, c’est parce que les régimes reconnaissent sa grandeur, son mérite. J’estime comme dans tous les pays du monde, il faut du respect pour certaines personnalités qui ont incarné l’Etat dans ses plus hautes sphères. C’est quoi le contexte ? Les gens sont dans des débats de traitement salarial. C’est très petit d’évoquer ça. Tous les mercredis, il y a des nominations en Conseil des ministres. Est-ce qu’on dit que le Président tient compte qu’on est dans un contexte de Covid-19 ? Non. C’est une nomination comme d’autres. L’honorariat existe dans beaucoup de pays dans le monde.
Le Covid-19 touche désormais le monde politique. Après Aliou Sall, c’est Oumar Sarr. Quelle signification cela revêt pour vous ?
Effectivement, Aliou Sall et mon grand frère Oumar Sarr sont malades du Covid-19. Cela veut dire que ce virus, tout le monde peut le choper. Il ne fait pas distinction entre pauvre et riche, ni de race, de sexe ou de religion. Cela doit nous amener à renforcer la prévention. Je souhaite qu’ils sortent indemnes de cette maladie. J’ai trouvé malsain que des gens aient pu penser que la maladie de Aliou Sall est une farce parce que nous sommes face à une maladie très sérieuse. L’adversité politique ne doit pas tout permettre. Je prie pour que Oumar Sarr, Aliou Sall et son épouse retrouvent la santé et vaquent de nouveau à leurs occupations. En tant qu’habitant de Guédiawaye, je profite de l’occasion pour lancer un appel aux habitants de cette localité. Je leur dis qu’il faut davantage de précaution et de mobilisation parce que la maladie fait des ravages dans la ville de Guédiawaye. C’est une réalité incontestable. Des gens n’y croient pas et c’est regrettable parce que cette maladie est une réalité. Nous avons fait le nécessaire pour aider nos populations en dons de masques, de gel et de
vivres… Maintenant, il reste à renforcer la sensibilisation pour que les populations continuent à respecter les mesures barrières.

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