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Abdou Ndéné Sall déraille. Et c’est l’opposition qui en fait les frais. Le ministre délégué chargé des Réseaux ferroviaires résume ainsi le duel entre Macky Sall et ses détracteurs : le bien contre le mal. Dans cet entretien, le coordonnateur de l’Apr à Tivaouane évoque aussi la relance du chemin de fer Dakar-Bamako.

Pourquoi vous avez l’objectif d’atteindre la barre des 80 mille signatures à Tivaouane ?
Sur le fichier électoral, nous avons 120 mille inscrits dans le département de Tivaouane. C’est pourquoi nous avons l’objectif d’atteindre la barre des 80 mille parrains. Nous avons eu 49% lors des Législatives. C’est vrai que si c’était à la Présidentielle, le Président serait au second tour. Par conséquent, il nous a demandé faire mieux en nous servant de ses réalisations à Tivaouane. Nous sommes dans une situation d’engagement politique, on ne cherche pas uniquement des parrainages. C’est important de parrainer le président de la République, rien que pour ses réalisations à Tivaouane. Macky Sall est notre seule option stratégique pour la paix et la prospérité au Sénégal.

Avec les 3 millions de parrains exigés par Macky Sall, est-ce que le pouvoir ne cherche pas à invalider les candidatures de l’opposition ?
Ce n’est pas une question d’invalidation de candidatures. Les candidats de l’opposition n’ont qu’à se bouger pour aller chercher des parrainages. Le Sénégal est un grand pays. Pour pouvoir gérer ce pays, il faut être connu et cela passe par des parrainages. C’est extrêmement important. On ne peut pas confier le pays au premier venu. Actuelle­ment, il y a 117 candidats déclarés, tout le monde veut être Président. On ne peut pas permettre à n’importe qui de l’être.

Est-ce que le fait que tout un chacun peut se permettre d’aller récupérer des fiches, ne constitue une limite du parrainage ?
Si on n’avait pas instauré le parrainage, les gens seraient candidats. Depuis 2012, tout le monde veut devenir Président. Je ne sais pas si c’est à cause du pétrole et du gaz. Je ne comprends pas cette subite ambition de vouloir diriger le pays.

Est-ce que ce n’est pas une défiance à la classe politique ?
En fait, les politiques ont toujours géré et continué de gérer ce pays. Tous les gens qui étaient estampillés membres de la Société civile n’ont rien eu lors des différentes élections présidentielles. C’est un appareil politique qui gagne des élections. Cette pléthore de candidatures constitue un excès d’ambition. Si on n’avait pas ce parrainage, il serait impossible d’organiser des élections crédibles.
Avec 100 candidats, comment va-t-on organiser les temps d’antenne pour les candidats ? Pour convaincre les électeurs, il faut un minimum de temps lors de la campagne électorale.

Est-ce que le pouvoir n’a pas financé certaines candidatures, juste pour justifier la pertinence du parrainage ?
Celui qui a ce raisonnement, est capable de faire ça. En tant que président de la République, beaucoup de gens viennent lui demander de l’argent.

Même des responsables de l’opposition ?
Je ne vais pas vous citer des noms mais tous ces opposants qui parlent, viennent au Palais pour prendre l’argent du Président lorsqu’ils sont dans le besoin. Mais ce sont des Sénégalais comme tout le monde. Le Président ne fait pas de fixation sur l’appartenance politique des hommes qu’il sert. L’opposition est dans le débat d’intoxication, d’amalgames, de désinformation, de mensonges, de fausses nouvelles pour nous dévier de notre trajectoire tracée par le président de la République.

Mais on voit un pouvoir qui interdit le droit constitutionnel de marcher à l’opposition…
La marche est autorisée au Sénégal, mais il faut la faire dans un cadre défini par l’autorité. L’arrêté Ousmane Ngom qui interdit des marches au niveau du centre-ville, ce n’est pas le pouvoir de Macky Sall qui l’a mis en place, c’est cette opposition qui crie aujourd’hui pour son abrogation. Ce sont eux qui avaient pensé qu’il ne fallait pas perturber la quiétude des gens qui travaillent ou font des activités en ville. Il y a dans cet endroit le ministère des Finances, le palais de la République, le ministère de la Justice… Un pays, on doit l’organiser. La démocratie, c’est le pouvoir de la majorité. Depuis 2012, les Sénégalais sont avec Macky Sall. Donc, il lui revient d’assurer leur sécurité.
Pourtant, vous fustigiez cet arrêté Ousmane Ngom en 2011…
Critiquer constitue le rôle de l’opposition. Mais je trouve très bon l’arrêté Ousmane Ngom. Il est important d’assurer la sécurité des citoyens. L’opposition veut créer des émeutes et mettre le pays dans une situation ingouvernable. Mais, c’est peine perdue parce que les gens ne les suivent pas. La population ne croit plus en cette opposition. Le 23 juin 2011, c’était une déferlante. Personne ne pouvait lutter contre cette déferlante humaine.

C’est parce qu’il n’y avait pas d’arrêté Ousmane Ngom…
Un arrêté ne peut pas arrêter une déferlante humaine. Si la population était mobilisée, l’arrêté Ousmane Ngom ne pourrait pas l’arrêter. La détermination de la population est très importante en matière de lutte contre le pouvoir. Pour le moment, on ne voit que 4 ou 5 opposants qui parlent, des gens qui ne peuvent même pas avoir le 1% de parrainages.
L’opposition n’a qu’à aller chercher des parrainages parce que c’est une loi votée à l’Assemblée nationale. Ils fustigent le caractère non consensuel du parrainage mais le Président a été élu pour prendre des décisions. On ne peut avoir des élections avec 100 candidats. Le parrainage est une bonne chose. Ces gens qui parlent feraient mieux d’aller chercher un programme pour convaincre les Sénégalais. J’ai vu quelques tentatives de programme. Les programmes de Malick Gakou et de Idrissa Seck constituent du recopiage et du copier-coller. Un programme doit reposer sur une vision et, malheureusement, ni Idrissa Seck encore moins Malick Gakou ne l’ont. Macky Sall a décliné sa vision depuis 2004 au cours de sa Déclaration de politique générale en théorisant un Sénégal émergent.

Malgré tout, il est accusé de vouloir éliminer des candidats comme Khalifa Sall et Karim Wade…
Les données antérieures donnent Karim Wade perdant, parce qu’il n’a jamais gagné un bureau de vote. Pour Khalifa Sall, il a été battu lors des Législatives. A part Dakar, Khalifa Sall n’est pas connu. Il ne peut pas nous inquiéter. Ils ont pris l’argent des Sénégalais et ils ont été condamnés.
J’ai travaillé avec le régime socialiste en tant que consultant. J’ai fait la même chose avec le régime libéral. Mais ce n’est pas la même cadence par rapport au régime de Macky Sall. L’ambition de ce dernier dépasse de loin celle de ses opposants. C’est le Président qui multiplie tout par 4. En 2012, on a trouvé 8 mille chambres d’université depuis 1960. Nous sommes à 32 mille. La croissance a quitté 1,7% pour atteindre 7,2.
La Président a trouvé une mobilisation de ressources estimée à 25 milliards par mois parce que le régime libéral n’était pas transparent. Aujourd’hui, le pouvoir mobilise 100 milliards par mois. Wade a fait 12 ponts en 2012. Nous en avons fait 15 en moins de temps. Je ne parle pas des autoroutes. Cette opposition ne représente pas le Peuple car elle a perdu 6 élections depuis 6 ans. C’est Macky qui représente le Peuple, qui lui renouvelle chaque fois sa confiance. La loi sera respectée et nous ferons face. C’est soit Benno bokk yaakaar avec la paix, la prospérité et le progrès du Sénégal, soit c’est l’opposition avec une régression totale caractérisée par la fraude et le vol. Ce sont deux visions antagonistes. Macky et l’opposition, c’est le bien contre le mal.
Pourquoi les autres rapports épinglant des responsables du régime ne sont pas étudiés par la justice ?
Le Président a transmis tous les rapports de l’Ige qui étaient en sa possession, c’est à la justice de faire son travail. Les rapports de l’Ofnac ne transitent même pas chez le président de la République, ils sont transmis directement au procureur.

Que pensez de la révocation de Khalifa Sall ?
Il devait être révoqué depuis longtemps, c’est-à-dire depuis la première condamnation. Macky Sall a été patient dans ce dossier. Ce n’est pas un acharnement, parce que nous sommes élus pour protéger les institutions, y compris la Ville de Dakar. On ne peut laisser un maire usant 110 fausses factures diriger la mairie de Dakar. Macky Sall a tardé. Si j’étais lui, j’aurais révoqué Khalifa Sall depuis la sentence du 30 mars 2018.

Quel est le montant dont le Sénégal a besoin pour la relance du chemin de fer Dakar-Bamako ?
Le chemin de fer était en décadence. Il a une place centrale dans le dispositif du président de la République pour la réussite du Pse. C’est pourquoi nous allons relancer le chemin de fer Dakar-Bamako. C’est un projet difficile parce qu’il est binational avec le Sénégal et le Mali et qui demande beaucoup d’argent. Bientôt, ce sera un chemin de fer centenaire. Le président de la République vient de structurer un financement avec la Banque mondiale et l’Agence française de développement pour la relance de ce chemin de fer. Le Sénégal a besoin de 500 milliards.

Pourquoi le Sénégal n’a pas accepté le financement de la Chine ?
C’est vrai que les Chinois sont venus. Ils ont signé un contrat commercial avec le Sénégal pour 750 milliards et 850 milliards pour le Mali. C’était très lourd pour nos économies. Un chemin de fer est un appui à la production mais ce n’est pas rentable. Il faut faire un nouveau schéma d’exploitation avec une société de patrimoine. Cela veut dire que le patrimoine va revenir à l’Etat. C’est l’Etat qui doit trouver de l’argent pour refaire le chemin de fer et une société d’exploitation, c’est-à-dire des gens qui vont venir pour acheter le matériel. Notre projet va permettre de faire revivre le chemin de fer pendant encore 100 ans. Nous avons déjà mobilisé un financement important, nous attendons juste des réglages, une structuration précise du financement. On mettra un fonds intercalaire pour permettre le fonctionnement en continu de la société. Il ne faut pas oublier qu’il y a une société avec un personnel. Il y a 750 personnes au Sénégal et 700 au Mali qui ne peuvent pas attendre que la réhabilitation soit terminée pour travailler. Mais dans ce dossier, le Mali affiche la même détermination que le Sénégal.

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