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La visite d’Etat de Macky Sall et le retour de certaines sociétés françaises dans l’économie nationale sont lus par certains comme une forme de «recolonisation» du Sénégal. Mais le camp présidentiel récuse cette accusation, notamment de l’opposition. En conférence de presse vendredi, Abdourahmane Ndiaye a estimé que Mamadou Lamine Diallo et Cie ne sont «pas encore guéris de la maladie de l’anticolonialisme». C’est ce qui les pousse, souligne-t-il, à «afficher toujours cette antipathie envers la France». Le nouveau coordonnateur de Manko wattu Senegaal avait, en effet, qualifié de «plus gros scandale» la construction du Train express régional (Ter) par Alstom. Mais le conseiller politique du Président Macky Sall répond : «Il y a un sentiment anti français qui était un argument légitime parce c’est la France qui nous avait colonisés. On a tendance, comme un esclave qui se libère, à détester ses anciens geôliers ou ses anciens maîtres. Ils sont nostalgiques d’une certaine période qui est dépassée.»
Le secrétaire administratif national de l’Apr précise que des Chinois, des Japonais et des Russes avaient «soumissionné avec un coût moins cher que celui d’Alstom». Au leader de Tekki et ses camarades, il apprend que «le moins disant n’est pas toujours le mieux disant». De son avis, la mise en œuvre du Ter intègre un aspect «conceptuel, technique» et que si le constructeur français a été choisi, «c’est qu’il présente le meilleur profil pour garantir la qualité de l’ouvrage pour éviter qu’il connaisse le même sort que certains projets érigés sous le régime libéral». M. Ndiaye donne l’exemple du tunnel de Soum­bédioune dans lequel l’Etat injecte «chaque année au moins 50 millions F Cfa, alors qu’il devait servir pendant plus de quarante ans». Il ajoute que si «l’expertise d’Alstom n’était pas avérée, les Etats-Unis ne se seraient pas attachés de ses services pour se doter d’un Tgv (Train à grande vitesse)». En outre, Abdou­rahmane Ndiaye trouve que c’est «tant mieux si le Ter contribue à sauver des emplois d’Alstom», convaincu que l’entreprise française pourrait en même temps sauver des employés sénégalais qui y travaillent.
ambodji@lequotidien.sn

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