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A Pékesse, commune située au cœur du Cayor, les populations ont du mal à sortir de leur dénouement. Une situation que dénonce le maire libéral, Djibril Mbaye, qui pense que le régime de Macky Sall a délaissé à tort sa commune parce qu’étant un bastion du Pds.

C’est dans un tourbillon de poussière qu’on franchit le pré vague, non réglementaire et bordé de haies d’épines blanches, devant abriter la finale comptant pour la coupe du maire de la commune de Pékesse, entre l’Asc Jappo de Ndiouky et l’Asc Avenir de Pékesse. L’am­biance est à la fête. Une ambiance qui cache une profonde précarité dans cette paisible localité perdue au cœur du Cayor. Pékesse, un grand nom. Hélas ! Une petite note. Tout est inerte. L’ambiance est terne au centre-ville de cette commune. Pékesse reste figée dans le passé. Elle affiche une mine triste, inquiète.
Située dans le département de Tivaouane, la commune n’arrive pas à sortir de l’ombre. Elle est, comme qui dirait, oubliée des autorités, déplore son maire Djibril Mbaye. Selon lui, la localité manque de plusieurs commodités. Les 30 mille personnes qui y vivent conjuguent quotidiennement le même calvaire au présent. Il s’agit du non-accès à l’eau potable, manque d’infrastructures, une équation à mille inconnues où encore l’électricité, une denrée rare. Bref, Pékesse baigne dans la précarité ; d’où le cri du cœur de son maire. Selon le premier magistrat de la commune, celle-ci est une «localité considérée comme un bastion du Pds, dans le département de Tivaouane. C’est pourquoi elle manque de tout. Du fait de notre statut d’opposant, le régime nous fait la guerre, oubliant que nous faisons partie du Sénégal et avons droit comme toutes les autres collectivités du pays». Pour le responsable libéral, c’est «un manque total de considération» dont fait l’objet cette contrée au cœur du Cayor de la part du régime du Président Macky Sall. Le maire de Pékesse déplore la situation que vit aujourd’hui sa commune. Il remarque : «Faute de stade digne de ce nom, la finale a été jouée sur un terrain vague. Je déplore la négligence des travaux du stade municipal de Pékesse en chantier depuis plus de 4 ans.» Il interpelle, au nom de la jeunesse, les autorités : «L’Agetip doit s’efforcer d’achever les travaux au niveau du terrassement et du mur de clôture en particulier.» Aussi, M. Mbaye, qui n’arrive surtout pas à comprendre les raisons justifiant «le fait que Pékesse ne puisse pas bénéficier des programmes gouvernemen­taux comme le Prodac, le Pudc, le Puma et Promovilles», s’étrangle de rage : «On a l’un des meilleurs lycées de la région de Thiès, qui s’est classé deuxième à l’examen du Bac l’année dernière. Malheu­reusement, on a un déficit de neuf salles de classe.» Et de s’interroger : «Dans quel Sénégal sommes-nous ? Est-ce qu’être dans l’opposition devrait être synonyme d’un tel sort ?» Toutefois, il se soulage d’avoir pu, grâce aux «moyens du bord via nos partenaires», éliminer «tous les abris provisoires au niveau des écoles élémentaires de la commune». Il reste con­vaincu : «Nous sommes des Sénégalais, avec le mérite d’avoir, à l’instar de tout fils du pays, de bonnes infrastructures sportives, socio-culturelles, socio-éducatives, etc. A défaut d’avoir des stades comme Léopold Sédar Senghor, Lat Dior de Thiès, nous avons quand même droit à un stade municipal digne de ce nom comme nos autres frères de la zone pour l’organisation de nos activités. On ne peut pas nous refuser ça.» A cela s’ajoute le problème d’accès à l’électricité. «L’électrifi­ca­tion rurale ne profite qu’à six villages dans la commune. Là où d’autres communes voisines plus éloignées en font bénéficier, chacune, quelque trentaine de villages.» Et de fustiger : «Nous avons construit un poste de santé toujours pas fonctionnel faute d’équipements. Aussi, nous avons un foyer socio-éducatif en chantier qui a été confié à une entreprise depuis belle lurette. Nous courons après la justice pour résilier le contrat, mais toujours rien.» Djibril Mbaye se demande : «Pourquoi nous faire subir un tel sort ? Est-ce le tort d’être de l’opposition ?» Le maire proche de Me Abdoulaye Wade se rappelle qu’«il fut un temps, récemment, le Président Macky Sall m’avait reçu et promis des choses au profit de la commune, mais 14 mois après, aucune action de sa part. Et je me suis résigné à rester plus que jamais aux côtés des populations de Pékesse qui m’ont élu pour aspirer à leurs besoins, pour leur bien-être». Mal­heu­­reusement, «ici, on manque de tout. Nos moyens sont très limités, et qui dit ruralité dit manque de moyens, de richesses, de fiscalité. L’Etat ne nous aide pas, on se débrouille avec les moyens du bord. Ce sont les populations qui, ayant senti que l’Etat, pour leur avoir tourné le dos, n’a aucune considération pour elles, cotisent à chaque fois pour faire face à leurs besoins» ; d’où sa constance à appeler sa jeunesse à «poursuivre le combat dans la souffrance, la douleur, le manque de moyens pour chasser du pouvoir Macky Sall à la Présidentielle de 2019 et mettre un autre, peut-être, Karim Meïssa Wade».
nfniang@lequotidien.sn

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