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Le Président Macky Sall a beau afficher sa volonté de moderniser l’Administration, mais il bute encore sur certaines pratiques. Il faudra davantage d’efforts pour vaincre le laxisme dans l’Administration. Une vieille tare.

«Un discours sur la révolution n’est pas la révolution.» 35 ans après sa mort, les paroles de l’ex-Président guinéen Sékou Touré résonnent toujours dans le Sénégal voisin pour rappeler le fossé entre les déclarations d’intention et la réalité dans l’Administration sénégalaise. Une semaine après le lancement par le président de la République du Programme d’appui à la modernisation de l’Administra­tion (Pama), la célébration de la Tabaski a rappelé qu’il faudra aller au-delà du verbe pour inculquer aux Sénégalais une vraie culture du travail. Et l’aveu d’impuissance est venu du gouvernement, précisément du ministre du Travail Samba Sy, qui a cru bon de rappeler que les jours suivant la célébration de la fête ne sont pas fériés. Dans son communiqué du 14 août, le ministre «rappelle aux travailleurs, notamment aux agents de l’Administration et des collectivités territoriales, qu’en application de la loi n° 74-52 du 04 novembre 1974, relative à la fête nationale et aux fêtes légales, le mardi 13 et le mercredi 14 août, correspondant respectivement au lendemain de la Tabaski et à la veille du 15 août, sont des jours ouvrables. Tout autant du reste que le vendredi 16 août». M. Sy promet aux agents qui «s’absenteraient indûment» de leur poste de travail «des mesures disciplinaires». S’il faut menacer de sanction des travailleurs qui ne doivent que s’acquitter de leur devoir, il est légitime de se poser la question de la vraie portée de la volonté affichée par le Président Macky Sall à Diamniadio le 5 août dernier.
En s’engageant à réduire les agences et à couper les crédits téléphoniques, le chef de l’Etat avait lancé un message fort pour une meilleure optimisation des ressources de l’Administration. Car il est notoriété publique que chercher un papier administratif dans une mairie, un ministère ou une structure publique demeure un vrai casse-tête pour le Sénégalais. Qui n’a pas vu son proche perdre la vie à cause du laxisme des agents dans un hôpital ? Est-il aisé de se procurer un casier judiciaire, un certificat de nationalité, un passeport… ? Beaucoup de Sénégalais ont fini par se décourager d’avoir de tels papiers à cause des tracasseries. Le mal semble donc abyssal et il faudra une vraie réflexion collective pour pousser les Sénégalais à un changement de mentalité. «La gestion du temps de travail et des fêtes légales pourrait être mise en débat dans le cadre du dialogue national, initié par Son Excellence M. le président de la République», annonce le communiqué du ministre du Travail. Encore faudrait-il que les conclusions de ces assises soient prises en compte.

bgdiop@lequotidien.sn

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