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Mouhamadoul Hassane Ibrahima Sané a été condamné hier à payer à la société de téléphonie Sentel 25 millions de francs Cfa. Responsable de stocks à Tigo, il a écopé d’une peine de 6 mois de prison dont 2 ferme pour les délits d’«abus de confiance, de faux et usage de faux en écriture privée de banque».

Employé à la société Sentel, Mouhamadoul Hassane Ibrahima Sané a été reconnu hier coupable des délits d’«abus de confiance et de faux et usage de faux en écriture privée de banque». Il a été condamné à 6 mois de prison dont 2 ferme par le juge des flagrants délits du Tribunal de grande instance de Dakar. Le condamné doit aussi allouer à son employeur, Tigo, 25 millions de francs Cfa de dommages et intérêts. Respon­sa­ble de stocks dans l’entreprise, le sieur Sané est accusé par la société des télécommunications d’«abus de confiance» portant sur plus de 28 millions de francs Cfa. A la barre, il n’a pas cherché à nier les faits qui lui sont reprochés. Contrairement à l’enquête préliminaire, selon le procès-verbal où il a rejeté les accusations au départ avant de les reconnaître. «J’ai eu peur de dénoncer pour ne pas être viré», s’est défendu le mis en cause face au juge.
Alors, l’avocat de la partie civile, dans sa plaidoirie, est revenu sur le système utilisé par Mouhamadoul Hassane Ibrahima Sané. D’après le conseil de Tigo, le prévenu modifiait les bordereaux des vendeurs en «surchargeant le récépissé pour gonfler le montant». Pour l’avocat, «M. Sané était au cœur de ce dispositif. Les faits reprochés au prévenu sont avérés», a-t-il soutenu. Et pour toutes causes et préjudices subis, les responsables de la boîte ont réclamé 35 millions de francs Cfa.
A la suite de la partie civile, le Parquet a aussi expliqué les «manœuvres» du mis en cause. D’après son représentant, il «falsifiait les bordereaux de versement des vendeurs et prenait la différence en matériel pour ensuite le revendre», dit-il.
La défense n’a pas cherché loin. Elle a plaidé coupable parce que, dit-elle, les faits sont établis. Mais pour Me Abdoulaye Tall, «le seul tort qu’on peut reprocher à son client, c’est d’être victime de vol et de n’avoir pas eu le réflexe de porter plainte». Et d’ajouter : «Il a voulu se protéger en faisant le faux.» Les conseils de la défense ont assuré que la famille de leur client est dans de bonnes dispositions pour rembourser le montant avancé dans sa totalité, même s’ils contestent la valeur supposée perdue. D’ailleurs, selon toujours les avocats, sa famille est même prête à vendre un titre foncier pour désintéresser Tigo. Devant le Tribunal, les conseils de M. Sané ont remis 5 millions de francs Cfa à l’avocat de Tigo. Et pour le reste du montant, la société de téléphonie se verra payée selon une échéance déterminée. Mouhamadoul Has­sane Ibrahima Sané a soutenu que l’argent ne dépasse pas 15 millions de francs Cfa. «C’est un gage de bonne foi. Il mérite de larges circonstances atténuantes. Accordez-lui une peine d’avertissement ! Tendez-lui la perche ! Je demande une application extrêmement bien bienveillante de la loi», a plaidé Me Tall.
msakine@lequotidien.sn

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