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Un couple en compagnie de leur bébé âgé seulement de 4 mois à la barre d’un Tribunal. Ça s’est passé hier aux flagrants délits. Insouciant, l’enfant dégage un sourire jovial dans les bras de sa maman assise. Diany Tiréra, elle, écoute religieusement ses avocats. Elle est poursuivie pour le délit d’abus de confiance portant sur des dizaines de millions de francs Cfa. La prévenue n’a pas nié les faits qui lui sont reprochés. En effet, la partie civile, Bintou Doucouré, avait confié dans le cadre d’une transaction immobilière la somme de 30 millions de francs Cfa à la mise en cause. C’était en 2015. L’argent sera utilisé par Pape Cambaye Dieng, co-prevenu de la dame et qui n’est personne d’autre que son époux. Ce dernier a soutenu s’être lancé dans un investissement qui s’est soldé par un échec. Bintou leur avait demandé de travailler avec l’argent avant qu’elle n’ait besoin de son dû, dixit Pape. Sa femme a aussi indiqué qu’elle a donné l’argent à son homme avec l’autorisation de la plaignante. Toutefois, 20 millions de francs Cfa sur les 30 ont été remboursés.
Pour l’avocat de la partie civile, «ils sont co-auteurs, même si la somme a été remise à la dame. Pape a participé à la dissipation des sommes. On vous parle d’une autorisation qui aurait été donnée par Bintou alors que cette preuve n’a pas été rapportée. Les faits sont incontestés. La qualification ne souffre d’aucune contestation possible. Je vous demande de qualifier les faits en abus de confiance pour les deux», a plaidé le conseiller de Bintou qui a exhorté le Tribunal à les condamner à payer solidairement la somme de 10 millions de francs Cfa pour toutes causes et préjudices subis.
Pour le procureur, les faits sont établis. D’après lui, la partie civile persiste qu’elle n’a jamais donné l’autorisation d’utiliser son argent. Alors pour la répression, le représentant du ministère public a requis 6 mois ferme contre Pape Cambaye Dieng et 6 dont 3 mois ferme contre son épouse. Dans leur plaidoirie, l’ensemble des conseillers de la défense a demandé la clémence du juge des flagrants délits. «Leur condamnation pourrait être une sanction catastrophique pour le couple. C’est une famille qui est en train de se déconstruire. Il s’agit d’une médiation pénale qui a mal tourné. Coupez la poire en deux pour sauver une famille», a fait savoir Me Bamba Cissé. Selon son confrère, Me Mamadou Guèye, «c’est avec l’aval de la partie civile que la femme a remis l’argent à son époux. Il n’est pas établi qu’il y a eu une instigation. Au moment de la remise à Pape, l’abus de confiance n’a pas été établi à l’encontre de Diany Tiréra. La mise en demeure n’a pas été établie. Il n’y a jamais eu de mise en demeure d’avoir à représenter la somme au moment où l’argent lui a été remis. Le recel ne saurait être établi».
msakine@lequotidien.sn

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