PARTAGER

Mamadou Guèye, qui serait un proche du Président gambien Adama Barrow, de nationalité sénégalo-gambienne, mais aussi citoyen américain, a été condamné hier à 3 mois de prison ferme. Il doit allouer à la partie civile la somme de 46 millions de francs Cfa à titre de dommages et intérêts. Le juge des flagrants délits du Tribunal de grande instance de Dakar a reconnu le prévenu coupable en requalifiant les faits d’escroquerie en délit d’abus de confiance. Pour un visa d’immigration aux Etats-Unis, le prévenu avait demandé d’abord à la plaignante, Fatou Ba, la somme de 43 millions de francs pour l’achat d’une villa dans l’Etat d’Atlanta.

Hier, l’épouse d’un ancien membre de la garde rapprochée de l’ex-Président gambien, Yahya Jammeh, du nom de Fatou Ba, a attrait à la barre un «proche» du régime de Adama Barrow, actuel chef de l’Etat gambien, pour le délit d’escroquerie. Le prévenu s’appelle Mamadou Guèye et est né en 1979 à Banjul. Il dispose en même temps d’un document sénégalais qui fait état de sa naissance la même année à Kaolack. Quelques fois, il se fait appeler John Hebson. Il est aussi détenteur de la nationalité américaine. En effet l’année dernière, lorsque de nombreux ténors de l’ancien régime fuyaient la Gambie, la plaignante a sollicité les services du mis en cause pour quitter le territoire. Pour bénéficier d’une immigration au pays de l’Oncle Sam, Mamadou Guèye a fait comprendre à la dame qu’il faut d’abord acquérir une villa aux Etats-Unis pour faciliter les choses.
Après un accord conclu entre les deux parties, Fatou Ba verse au prévenu la somme de 43 millions de francs Cfa en plusieurs tranches pour l’achat de la maison. L’Etat d’Atlanta a été choisi comme destination. Une fois à l’ambassade des Usa à Dakar, la demande de visa de la femme a été rejetée.
Trois mois durant, d’après l’avocat de la partie civile, le mis en cause est resté introuvable, laissant Fatou Ba à elle-même aux Maristes.
A la barre dans un langage wolof teinté de l’accent anglais, Mamadou Guèye a tenté de montrer sa bonne foi pour les faits qui lui ont valu sa comparution. Selon lui, en aucun moment il n’a essayé de tromper la victime. Pour ce qui est de la somme qui lui a été versée, il reconnaît l’avoir reçue et se dit prêt à la rembourser. A propos de la maison en question, le prévenu était dans l’incapacité de donner sa superficie encore moins le statut juridique.
Prenant la parole, le représentant du ministère public dira : «Nous avons devant nous un prototype d’escroc. Les faits pour lesquels il est poursuivi ne souffrent d’aucune contestation.» Pour la peine, le procureur a requis un an d’emprisonnement ferme.
La dame Fatou Ba n’a pas comparu à la barre. Ses intérêts ont été défendus par son avocat. De l’avis de ce dernier, «les faits sont constants, même si le prévenu tente de nier de gauche à droite». Il a révélé que «l’argent en question est non remboursable parce que constituant une garantie à la banque», fait remarquer l’avocat de Mme Ba. Alors pour toutes causes et préjudices subis, le conseiller de la partie civile a réclamé la somme de 50 millions de francs Cfa.
Dans sa plaidoirie, la défense a indiqué qu’il «s’agit d’un simple dossier d’abus de confiance, d’un engagement non exécuté». Selon l’avocat, son client est disposé à rembourser l’argent en question à la plaignante. La robe noire a sollicité la disqualification des faits en abus de confiance. Et dans le même sillage, il a demandé une application extrêmement bienveillante de la loi pénale. Finalement, le juge des flagrants délits du Tribunal de grande instance de Dakar a reconnu le prévenu coupable en requalifiant les faits d’escroquerie en délit d’abus de confiance. Mamadou Guèye a été condamné à 3 mois de prison ferme. Il va verser à la partie civile le montant de 46 millions de francs Cfa à titre de dommages et intérêts.
msakine@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here