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L’espace de l’agglomération de Bargny-Sendou fait l’objet de nombreuses convoitises pour différents projets de l’Etat. L’ennui est que les habitants de cette localité n’y trouvent pas leurs comptes. Pour eux, la centrale à charbon hypothèque leur santé et la vie de leur progéniture. Mais en plus, le pôle urbain de Diamniadio a rogné leur espace vital, tandis que le futur port minéralier a conduit l’Etat à détruire des habitations et des espaces de culture. Sans aucune contrepartie. Ils ont donc décidé de résister.

Les agriculteurs bargnois opérant à l’entrée de la commune de Sendou se sont levés vendredi pour protester contre ce qu’ils considèrent comme étant l’estocade finale dans le processus d’accaparement des terres de la localité par l’Etat. Après la centrale à charbon et la partie sur laquelle est implantée une bonne partie du pôle urbain de Diamniadio, c’est au tour du port minéralier et vraquier de bouffer ce qui leur restait comme espace. «Bargny est persécutée, il ne reste plus rien. Les trois quarts du foncier sont pris. Bargny souffre avec l’érosion côtière, Bargny souffre avec l’érection de la centrale à charbon, Bargny souffre avec le pôle urbain de Diamniadio qui a pris toutes nos terres. Aujourd’hui, cette portion de terre qui nous restait est déjà entre les mains de l’Etat qui veut en faire un port minéralier et vraquier», s’est plaint vendredi, lors d’une grande mobilisation, Issa Guèye, coordonnateur du Collectif de défense des terres de Bargny.
La zone en question est d’une superficie de 600 hectares mise à profit depuis des siècles pour la culture maraîchère. «Depuis des générations, les populations tirent leur subsistance de l’agriculture sur ces terres. Nous avons engagé des prêts pour mener nos activités, principalement la culture du gombo. Et là, nous risquons de tout perdre», s’est désolé Rokhaya Kébé qui espérait pouvoir récolter dans quelques jours. Mais hélas, le fruit de leur labeur risque tout bonnement d’être emporté.
«Nous nous sommes réveillées avant-hier (mercredi dernier. Ndlr)  et avons  vu que les bulldozers sont entrés dans les champs. Et ils disent que le terrassement  va commencer ce week-end, alors que les récoltes viennent à peine de démarrer», s’est scandalisé le coordonnateur qui ne comprend pas l’empressement des autorités dans cette affaire. «Il n’y a pas encore d’études d’impact environnemental et social. Ce qui est un préalable pour tout projet de cette envergure. Nous n’avions jamais été conviés à une concertation», a dit M. Guèye.
Ces habitants de cette partie de Bargny qui ont manifesté leur ferme volonté de résister face à la destruction annoncée de leurs champs appellent les représentants de l’Etat à une concertation pour que l’affaire ne puisse dégénérer.
abndiaye@lequotidien.sn

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