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C’est une vieille revendication. Au Sénégal, les femmes agricultrices font toujours face au défi d’accès à la terre. Hier, la Fédération nationale des femmes rurales du Sénégal (Fnfrs) et la Cicodev ont plaidé pour la mise en pratique de la charte de Kilimandjaro. Ce document, fruit d’un conclave regroupant 400 femmes de 22 pays d’Afri­que  et composé de 15 recommandations, vise à défendre les droits des femmes rurales à la terre et aux ressources naturelles. «D’après une étude réalisée par la Fao, les femmes constituent plus de 60% de la main d’œuvre agricole en Afrique subsaharienne. Elles seraient à l’origine de 60 à 80 % de la production alimentaire et travailleraient 12 heures de plus que les hommes agriculteurs. Malgré cet apport, seules 15% des femmes agricultrices sont propriétaires de leurs exploitations agricoles.  Elles accèdent à seulement 10% des crédits en Afrique de l’Ouest.  Au Sénégal, des études suggèrent que seuls 11% des femmes contrôlent les terres contre 62% des hommes», a déploré Amadou Kanouté, directeur exécutif de Cicodev-Afrique, hier lors de l’atelier de restitution et de sensibilisation sur les conclusions de l’initiative Kilimandjaro.
Il faut relever que le non accès des femmes à la terre ne souffre pas d’un problème d’ordre législatif.  L’article 15 de la Cons­ti­tution du 22 janvier 2001 dispose : (…L’homme et la femme ont également le droit d’accéder à la possession et à la propriété de la terre dans les conditions déterminées par la loi.» En écho, le Document de politique foncière dont vient de se doter le Sénégal reconnait cet état de fait. Seulement,  la pratique révèle la difficulté d’accès des femmes à la terre du fait de pesanteurs socio-culturelles. «L’incidence négative de l’ensemble de ces facteurs sur la situation économique et sociale des femmes génère et consolide la tendance à la féminisation de la pauvreté au Sénégal», dénonce Ndiouck Mbaye, président de la Fnfrs. Pour sa part, le secrétaire d’Etat à l’Accompagnement et à la mutualisation des organisations paysannes, Moustapha Lô Diatta a promis que ces revendications seront prises en compte par la Commission nationale de réforme foncière.
bgdiop@lequotidien.sn

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