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On se croirait déjà en pleine campagne électorale ! Certes la page des élections n’est pas encore ouverte, mais certaines populations semblent carrément verser dans le tapage. En atteste le sit-in, aux allures d’un meeting, organisé par les populations de la commune de Pout pour décrier la gestion de l’équipe municipale conduite par le maire Moustapha Sarr. Les contestataires ont sollicité l’audit de celle-ci.

«Avoir de l’eau relève du miracle. Actuellement, on se lève à l’aurore pour espérer en avoir. Du fait de l’inexistence d’un réseau d’adduction d’eau, nos foyers souffrent. Pis, nos enfants arrivent en retard à l’école», pleure Daba Sarr, la quarantaine révolue. Comme elle, plusieurs habitants de Touba Pout, Sant Yalla, Hlm Tamba, Darou Salam… souffrent dans leur chair. Leur dignité est presque bafouée. «Nous n’en pouvons plus. Et nous avons terriblement soif», confie le porte-parole des femmes, au milieu d’une foule réclamant à tue-tête le précieux liquide. «A boire, à boire, par pitié !», répètent-elles en chœur.
Agitant de bidons vides, bâtons en main, les femmes reprennent le même refrain pour mieux se faire entendre par les autorités. Assises sur des chaises, elles tapent fort, rameutant tout le quartier Sante Yalla. Le conseiller municipal, Massamba Samb, se dit choqué par ce problème d’adduction d’eau des quartiers périphériques de la commune de Pout, surtout que «le conseil municipal a reçu une enveloppe de 30 millions de F Cfa de la part de l’Etat du Sénégal pour régler ce problème». Il explique : «Le 23 juillet 2016, le conseil municipal de Pout a délibéré pour l’octroi de 20 millions de F Cfa pour l’extension du réseau hydraulique que le Pndl nous avait affecté.» Mieux, «en 2017, sur les Fonds de concours alloués par l’Etat, nous avons à nouveau affecté une somme de 10 millions de F Cfa pour l’augmenter sur l’enveloppe de 20 millions, pour l’adduction d’eau de ces quartiers». Mais, regrette-t-il, «en trois ans, le maire est incapable d’utiliser l’argent de l’appui que l’Etat nous a octroyé pour régler ce problème». Ainsi, les populations de solliciter l’audit de la mairie de Pout car, dit Mas­samba Samb, «le maire gère la municipalité d’une manière ‘’gabegique’’, nébuleuse et opaque. Et le président de la République, dès son arrivée au pouvoir, a fait de la bonne gouvernance des collectivités locales un des piliers du Plan Sénégal émergent». Pour sa part, Serigne Saliou Mbacké Ciss d’interpeller l’Etat sur le dossier du maire pendant devant la justice. «Le dossier concerne le contrat de construction du pavillon d’hos­pi­talisation du centre commercial de Pout parce qu’entre le contrat de l’entrepreneur du projet et la facturation des travaux par la mairie, les chiffres fournis sont diamétralement opposés.» Et de s’interroger : «Est-ce que le dossier est étouffé parce que le maire a rejoint l’Apr ?» Les populations d’exiger d’être édifiées sur ce dossier qu’elles jugent «sensible», car «depuis 12 ans, la commune n’a absorbé aucun investissement sanitaire, sportif ou d’amélioration de l’offre éducative. Aucune réalisation n’est à l’actif du maire alors que depuis lors, 2 voire 3 milliards de F Cfa sont entrés dans le budget de la municipalité».
A ces problèmes s’ajoute, selon Daba Sarr, «la psychose des populations face à la montée en puissance des agressions dans les quartiers périphériques de la commune de Pout». Elle dit : «Les quartiers ne sont pas électrifiés. C’est pourquoi l’insécurité va crescendo. Les habitants n’osent pas sortir au-delà de 21h. Nous vivons dans la peur. C’est inquiétant», crache Mme Sarr. Que dire «des entreprises établies dans notre commune, en plus de ne pas employer nos jeunes qualifiés ne s’acquittent pas de la Responsabilité sociétale d’entreprise», s’étrangle Serigne Saliou Mbacké Ciss. Selon l’ancien conseiller municipal, «Dangote est un cas très sérieux. La cimenterie pollue notre environnement et impacte négativement nos activités agricoles». L’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd), itou. «L’implantation de cette infrastructure aéroportuaire impacte directement notre localité sans pour autant nous assurer des améliorations sur nos conditions de vie et d’existence. Nous ne sentons pas la valeur socio-économique de l’Aibd», se désole ce membre du mouvement Bollo défar Pout qui alerte les autorités sur les problèmes de la Société industrielle générateur électrique (Sigelec) : «Elle est au bord de la faillite. Et nous demandons à l’Etat, dans le cadre de l’appui qu’il apporte aux entreprises en difficultés, de la soutenir» car, renseigne Serigne Saliou Mbacké Ciss, «la société impacte positivement la commune de Pout avec les emplois qu’elle génère». Entres autres griefs des populations, l’érection d’un poste de police pour faire face au grand banditisme, mais également d’une caserne des sapeurs-pompiers pour une bonne prise en charge des victimes de la route dans cette zone considérée accidentogène. Aussi d’une agence de la Senelec, d’un centre de santé ou d’améliorer le plateau technique de l’existant vu la position géographique de Pout. Sans compter la restitution à la commune des anciens locaux de la Sodeva pour qu’elle puisse les utiliser, l’installation d’une usine de transformation de fruits et légumes car, selon les populations, Pout abrite le centre commercial le plus riche de la zone centre. Elles terminent par solliciter l’aide du chef de l’Etat pour le développement de leur commune qui traverse «une crise d’autorité» afin qu’elle «bénéficie des opportunités du Pudc et de la Promovilles pour la réhabilitation de la seule route bitumée de la commune».
nfniang@lequotidien.sn

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