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La réception de financements de la Fondation Sococim mercredi a été une bonne occasion pour les transformatrices de céréales locales de décrier les intérêts élevés infligés par les institutions de microfinance en matière de prêt. «Partout où nous allons, que ce soit à des panels ou conférences, nous n’arrêtons de le déplorer. Les intérêts sont vraiment excessifs», a regretté Adja Coumba Ciss de Jarign sa réew. «Ce sont ces intérêts trop élevés qui plombent l’activité des transformatrices. Il faut que l’Etat trouve des solutions, car le Sénégal ne peut se développer sans la transformation», a poursuivi le membre de l’antenne céréale de la Maison rouge (Rufisque-Nord). Elle réagissait ainsi après la réception d’un financement destiné au groupement Jarign sa réew. «C’est la 2ème fois que nous bénéficions d’un prêt sans caution ni intérêt de la part de la Fondation Sococim. C’est un financement de 3,9 millions de francs Cfa à rembourser en 10 mois avec un différé de trois mois. Nous avons d’autres partenaires, mais la Sococim est la seule à nous faire des prêts du genre. Pour tous les autres, c’est sur la base d’une caution et d’intérêts», a relevé Aminata Diané Dièye, présidente de Jarign sa réew.
Selon elle, leur activité va s’agrandir avec ce nouveau financement. Ndèye Moussou Mérico, coordonnatrice des activités à la Maison rouge, considère les intérêts comme un frein à la compétitivité des activités. «Au niveau du centre Maison rouge, nous avons beaucoup de secteurs et tous ont des partenaires, mais on se rend compte que l’antenne céréale est la plus dynamique grâce à ses financements sans intérêt. Il y a des secteurs qui, même pour un prêt de 25 mille, doivent donner un intérêt de 10 mille francs», a-t-elle expliqué. A Kounoune (Bambylor), les membres de l’unité de transformation de farine de mil et de maïs ont émis les mêmes griefs. «Les financements se font moyennant une caution et sont assujettis à des taux d’intérêt élevés avec un moratoire de paiement court. Cela constitue une vraie entrave à nos activités», a laissé entendre Dissiétou Coly Camara, présidente de la structure affiliée au réseau des Associations pour la promotion et la valorisation des produits locaux (Aproval). «Pour une première fois», leur structure a bénéficié d’un financement sans caution ni intérêt pour une valeur de 3,3 millions de francs Cfa. «Cela va nous permettre d’accroître notre capacité de production», a relevé la présidente, faisant savoir qu’outre les femmes du secteur, l’unité fournit de la farine à des boulangeries.
Faisant le point de cette politique de financement des activités pour des associations entamée en 2012, Patricia Diagne, présidente de la Fondation Sococim, a assuré qu’une trentaine d’associations ont jusque-là été financées. «Ça a contribué à la création de près de 200 emplois», a-t-elle assuré.
abndiaye@lequotidien.sn

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