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La Banque mondiale et Onu-Femmes ont lancé hier le projet Wefi Sénégal. L’initiative vise à principalement stimuler l’accès des Pme dirigées ou appartenant à des femmes à la commande publique.

Selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), 33% des entrepreneurs sénégalais sont des femmes. Cependant, ces dernières sont souvent disproportionnellement confrontées à des contraintes qui freinent la croissance de leurs entreprises, y compris leur accès aux marchés publics. Pour corriger cette injustice économique, la Banque mondiale, en collaboration avec Onu-Femmes, a lancé hier le projet Wefi Sénégal.
L’initiative entend alléger les contraintes financières et non financières auxquelles sont confrontées les Pme dirigées par ou appartenant à des femmes. Plus précisément, le projet vise à établir un lien entre la commande publique et les Pme appartenant à des femmes (Pmef) en stimulant leur croissance et en facilitant leur accès aux marchés publics et au renforcement des capacités.
En effet, les marchés publics représentaient 17% du Pib du Sénégal en 2017, soit une opportunité considérable pour stimuler l’entreprenariat féminin.
«Bien que les données manquent aujourd’hui, l’expérience montre que les Pmef, souvent, n’ont même pas connaissance des marchés publics. L’objectif du projet Wefi est donc de développer les capacités des Pmef à répondre aux opportunités conséquentes sur le marché public», explique Sophie Naudeau, chargée du Programme de développement humain au Sénégal pour la Banque mondiale. Cela demande, à son avis, à la fois une règlementation adéquate au niveau national et des Pmef outillées à répondre fructueusement à la commande publique.
Du côté de la demande de biens et services par le gouvernement, le projet travaillera étroitement avec l’Agence de régulation des marchés publics (Armp) pour mettre en place un cadre réglementaire préférentiel pour les Pmef, accompagné d’un programme de sensibilisation et de formation au profit des cadres du gouvernement impliqués dans la passation des marchés pour opérationnaliser le nouveau cadre réglementaire.
L’agriculture est le domaine où les femmes entrepreneurs sont plus actives. Mais elles représentent 16% des exploitations agricoles contre 84% pour les hommes et détiennent uniquement 6% des espaces cultivés au Sénégal. «Même si demain avec le Wefi on favorise l’accès des femmes à la commande publique, il se posera d’autres problèmes. Comment orienter la commande publique, comment positionner les femmes où elles ont des avantages comparatifs», s’est interrogé Mohamed Ndiaye, conseiller du ministre de la Femme, du genre…
Par ailleurs, la population féminine qui représente la catégorie la plus importante au sénégalaise (50,9%), est quasi exclue de la commande publique. Elle ne représente que 1% de celle-ci. «Si les femmes n’en sont qu’à 1% de la commande publique, cela veut dire qu’elles en sont exclues», a noté pour s’en désoler le directeur général de l’Armp. Convaincu que les entreprises dirigées par des femmes ne pourront pas évoluer correctement dans ces circonstances, Saër Niang estime qu’il est temps d’organiser la réflexion pour voir comment rétablir les choses.
«Nous pouvons accompagner de manière utile en organisant régulièrement des formations de renforcement de capacités, mais également en mettant en place un groupe d’experts d’accompagnement pour les femmes entrepreneurs», s’est engagé Saër Niang. Il ajoute : «Dans la commande publique, un élément extrêmement important, c’est de pouvoir présenter un dossier d’appel d’offres compétitif. On peut même être compétitif sans pour autant pouvoir le transmettre correctement dans sa soumission. Là, nous pourrons avoir un bureau dédié pour les femmes, afin de les accompagner dans l’élaboration de leurs soumissions.»
ksonko@lequotidien.sn

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