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Walid Hassan risque 5 ans de prison ferme. Le prévenu est l’auteur du terrible accident qui avait ôté la vie à trois enfants d’une même famille. Le destin s’était abattu sur la fratrie Diallo au milieu de la nuit aux Almadies. Hier, le récit du plaignant, Mamadou Yacine Diallo, père des disparus, a ému plus d’un à la salle des flagrants délits. «Je nourrissais beaucoup d’espoir pour mes enfants», relate-t-il avec un trémolo dans la voix. En effet, le cursus scolaire des enfants laisse penser qu’ils étaient promis à changer la vie de leur pater, un concierge de profession. Mariama Siré Diallo, 20 ans, était élève au lycée de Ouakam et candidate au Bac, cette année. L’autre Maïmou­natou Diallo, 13 ans, faisait la classe de 3eme donc devait passer le Brevet de fin d’études moyennes (Bfem). La dernière victime, Mamadou Mansour Diallo, le benjamin du groupe, avait déjà mémorisé le saint Coran à seulement 11 ans. Tout le monde ou presque était consterné hier en écoutant le récit du film du drame.
Ayant assisté la famille depuis les premières heures de l’affaire, Me Daf n’a pas manqué de revenir sur la situation des défunts. «Ils étaient l’espoir de leur père. Cet espoir a été détruit en une fraction de seconde. J’ai été témoin des difficultés de cette famille. Elle ne pouvait même pas acheter un linceul de 15 m. Mamadou Yacine Diallo pensait un jour être à l’abri du besoin. Il devient misérable à cause de ce malheureux homme. Au cimentière, il m’a dit : ‘’Ils sont partis.’’ Jusqu’à l’enterrement, ces enfants saignaient», a confessé l’avocat. Peut-être, c’est à cause de l’état des victimes que les gens n’ont jamais voulu que le papa voit les corps.
Poursuivi pour les délits d’homicide involontaire et de conduite en état d’ivresse, Walid Hassan s’est fondu en excuses. «J’étais seul au volant. J’étais plus ou moins inconscient. Je n’ai jamais voulu faire ça. Il y avait de la fumée, je ne voyais pas. Je ne savais pas qu’il y avait des personnes. C’est à la gendarmerie que l’ivresse m’a quitté», a-t-il exprimé avec regret. Il a reconnu avoir consommé, le jour des faits, du jus de fruit rouge alcoolisé, du crépuscule à 2 heures du matin. Au retour du mariage d’un de ses amis, alors il prend le volant en état d’ivresse. En route, il perd le contrôle de son véhicule qui est allé heurter de plein fouet une maison située sur la chaussée. La voiture avait fini sa folle course dans une chambre où dormaient les victimes. Le véhicule, qui est passé sur les enfants en plein sommeil, ne leur a laissé aucune chance de survie. A cause de la violence du choc, les trois sont passés de vie à trépas sur le coup. Et les deux autres, Aïssatou Lamarana Diallo et Boubacar Diallo, grièvement blessés, avaient été évacués à l’hôpital général de Grand Yoff. Ainsi pour Me Ousmane Thiam de la partie civile, on ne peut pas parler de maladresse, parce que, dit-il, le prévenu s’est saoulé avant de prendre le volant. Pour son confrère, Me Bamba Cissé, l’indiscipline a atteint des degrés insoupçonnés au Sénégal. Il a estimé que le Parquet devrait aussi retenir les délits de mise en danger de la vie d’autrui et de destruction de biens appartenant à autrui.
Le plaignant, par l’entremise de ses conseillers, a réclamé la somme de 2 milliards de dommages et intérêts. Même si les avocats ont laissé entendre que même avec toute la fortune du monde, le père aurait préféré ses enfants. «La justice doit jouer son rôle, parce qu’il y a trop de morts sur nos routes. En l’espèce, je ne vois pas de circonstances atténuantes qui devraient lui être accordées», a déclaré le procureur qui a requis 5 ans ferme.
Mais pour la défense, cette peine ne saurait suffire pour apaiser la souffrance des parents. Les avocats ont plaidé une application bienveillante de la loi pénale. L’affaire a été mise en délibéré à demain mercredi.
msakine@lequotidien.sn

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