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Les accidents de la circulation ont fait 500 morts en 2016 au Sénégal, révèle la direction des Transports routiers. Dans la cité du Rail, sur les 100 sorties de la 21e Compagnie d’incendie et de secours des sapeurs-pompiers, les 60% concernent les motos Jakarta, indique le Capitaine Diène Ngom,commandant  ladite compagnie. A ce rythme, les populations seront décimées.

Les motos Jakarta ont envahi Thiès. En «terrain conquis», elles y font encore des ravages. Dans sa marche macabre, le fléau compte ses victimes. Conséquence : «au moins 7 interventions impliquant les motos Jakarta sont dénombrées chaque jour», renseigne le Capitaine commandant la 21e Compagnie d’incendie et de secours, Diène Ngom. «En 2016 nous avons effectué 92 interventions impliquant les motos Jakarta dont 4 corps sans vie», estime l’officier. Sans compter des trépas consécutifs aux blessures dans les hôpitaux. Notamment au Centre hospitalier régional Amadou Sakhir Ndièguène où les conducteurs de motos, d’après les autorités hospitalières, ont une salle dénommée «Jakarta». Sans faire dans les détails, Capitaine Ngom estime que les «motos Jakarta sont impliqués dans les 60% d’accidents de la circulation dans la ville de Thiès». Pour dire, selon le Commandant de la 21e Compagnie d’incendie et de secours, que depuis l’avènement des motos Jakarta il y a plus d’interventions et beaucoup plus de victimes. Il indique que les facteurs de ces accidents de la circulation sont dus essentiellement à la manière dont les conducteurs de ces motos conduisent les engins : «Non seulement ils ne respectent pas le code de la route en plus ils ne portent pas de casque». Pis ajoute, l’officier supérieur, «il y a beaucoup de jeunes qui conduisent ces cyclomoteurs. Ce sont des jeunes en général âgés de 15 à 18 ans. Des jeunes immatures et indisciplinés». Quelle est la solution ? «On doit prendre des mesures», conseil Capitaine Ngom. Il informe, «actuellement la police est en train de faire des patrouilles à partir de 21h parce que les motos Jakarta sont interdites de circuler à partir de cette heure. Il faut donc continuer la sensibilisation auprès des autorités locales pour qu’elles prennent les mesures idoines. Surtout des mesures qui concernent le port de casque, mais également sur l’excès de vitesse. Si ces mesures sont prises nous pensons qu’il y aura moins d’accidents de motos».

Amadou Sy, Gouverneur de Thiès : «Trouver une offre de substitution»
«Les autorités administratives de la ville de Thiès ont interdit la circulation des motos Jakarta au-delà de 20h, car leurs conducteurs sont impliqués dans beaucoup de choses louches. L’idée, dans un premier temps, était de supprimer ces motos de la circulation mais avec la forte demande, ce serait de faire rentrer l’offre dans la clandestinité et ainsi la rendre incontrôlable. Car si les motos Jakarta ont essaimé c’est à cause de la forte demande face à l’insuffisance de l’offre.» Que faire ? «Le plus simple moyen de les supprimer, c’est de trouver une offre de substitution et cette offre de substitution on ne peut la trouver que dans la mise en circulation des bus. Si on veut empêcher aux gens de prendre les motos Jakarta, il faut faire en sorte que les bus arrivent à satisfaire la clientèle.  Ils sont un moyen de transport plus sûr et moins cher. D’ailleurs en collaboration avec le chef de service du transport, nous avons établi des lignes qui vont, à terme, réduire considérablement voire éliminer la demande de transport par Jakarta. L’ar­rivée des bus et leur mise en circulation vont réguler le transport urbain à Thiès», estime le gouverneur de Thiès.

nfniang@lequotidien.sn

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