PARTAGER

Le Directeur général des Sénégalais de l’extérieur veut clore définitivement le débat sur la supposée signature d’un accord de réadmission par le gouvernement du Sénégal avec l’Union européenne. En conviant la presse same­­di dernier chez lui à Fatick, Sory Kaba a une fois de plus démenti l’existence d’un tel accord et espère qu’il sera cette fois-ci entendu.

Le Directeur général des Sénégalais de l’extérieur est formel : «Ni avec l’Union européenne (Ue), ni avec les Usa, ni avec aucun pays asiatique, le président Macky Sall n’a signé d’accord de réadmission.» Ainsi, Sory Kaba qui s’entretenait avec la presse  samedi dernier à Fatick  veut mettre définitivement un terme à cette polémique, qui pollue actuellement l’atmosphère dans notre pays et qui concerne le retour au bercail des migrants sénégalais. Toutefois, il admet que «l’Ue tient mordicus à ce que les Etats africains signent  ces accords de réadmission» non sans réaffirmer que l’Etat du Sénégal s’en tient  aux accords de Cotonou sur la libre circulation des personnes et des biens. Se voulant plus convaincant, M. Kaba a rappelé qu’en 2015, lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement d’Afrique et d’Europe  tenu à la Valète, à Malte, le chef de l’Etat, Macky Sall, alors président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique occidentale (Cedeao), avait clairement fait savoir à ses interlocuteurs qu’il n’était pas venu pour parler d’accords de réadmission. «Cela fait deux ou trois ans que chaque jour, les gens posent la question de savoir s’il y a un accord qui est signé ou pas. Tout le temps nous avons dit qu’il n’y a pas d’accord mais n’empêche, la question revient toujours. Je voudrais vraiment que de Fatick, ce débat soit définitivement clos», demande-t-il.

«Les Allemands se sont demandé si ces gens-là sont réellement des Sénégalais»
Revenant sur la question des Sénégalais qui seraient en passe d’être rapatriés de l’Allemagne, Sory Kaba de recadrer : «Il n’est pas encore question de les rapatrier. Il est juste question d’une mission humanitaire d’identification. On les identifie parce que dès lors qu’ils étaient en situation irrégulière, ils ont fait une demande d’asile auprès du gouvernement allemand. Lequel a rejeté toutes les demandes parce que les Allemands considèrent le Sénégal comme un pays démocratique dont les ressortissants n’ont pas besoin de demander un asile. Du coup, ce sont ces Sénégalais-là qui se sont eux-mêmes mis dans la gueule du lion, mais ils refusent de l’accepter», a-t-il soutenu. Avant d’ajouter : «C’est à partir de ce moment que les Allemands se sont demandé si ces gens-là sont réellement des Sénégalais. Ainsi, ils (les Allemands) ont saisi le gouvernement sénégalais pour lui demander de les aider à savoir si ces gens sont des Sénégalais ou pas. La mission d’identification part aujourd’hui (samedi) 6 mai pour revenir le 9 mai. Elle est composée d’agents des ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur qui gèrent les fichiers du Sénégal. C’est à partir de ces fichiers-là que l’on se rendra à l’évidence. Si on a une liste de personnes, quel que soit leur nombre, on va prendre leur nom, leurs prénoms  et leurs empreintes digitales pour les mettre à l’épreuve de nos fichiers pour voir s’ils sont des Sénégalais ou pas et cela prendra tout le temps qui sera nécessaire. Donc il n’est pas encore question de rapatriement, contrairement à ce qu’ils sont en train de nous dire», a précisé le diplomate. Lequel a renseigné par la même occasion que sur instruction de son ministre, il a décidé de renoncer à la plainte qu’il avait brandie contre le rappeur Thiat qui a récemment déclaré détenir des documents selon lesquels le Président Macky Sall et la chancelière allemande Angela Merkel seraient d’accord pour une expulsion vers le Sénégal d’immigrés africains en situation irrégulière en Allemagne.
Par ailleurs, Sory Kaba s’est félicité de la gestion actuelle des Sénégalais de l’extérieur en ce sens que, selon lui, le gouvernement est en train de résorber le déficit de confiance qui existait entre le Sénégalais de l’extérieur et son Etat, sous le régime libéral. «Aujourd’hui, on rend grâce à Dieu parce que le Fonds d’appui à l’investissement des Sénégalais de l’extérieur (Faise) est passé de 300 millions en 2012 à 3 milliards. En Afrique, le Sénégal  est le seul pays qui produit des passeports à l’extérieur où nous avons huit centres de production de passeports d’une capacité de 100 passeports par jour chacun. Ce qui fait une capacité de 800 passeports par jour alors qu’il n’y a pas autant de demandes par jour», se réjouit-il. Non sans mentionner les facilités dont bénéficient les expatriés sénégalais concernant l’accès au foncier, les taxes sur l’importation de matériel agricole entre autres. En plus de l’ouverture prochaine dans sept régions du pays de bureaux  d’accueil, d’orientation et de suivi pour davantage renforcer ce climat de confiance qui doit exister entre les expatriés sénégalais et leur pays d’origine. Une façon de territorialiser l’approche migratoire en mettant à contribution les collectivités locales, les Ong et autres, pour créer une unité d’action à même de produire des résultats probants.
dndong@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here