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Samedi matin, dans la salle Majestic de Cadjèhoun, un quartier de Cotonou, les Béninois ont massivement répondu à l’appel des leaders de l’opposition -notamment des anciens Présidents Boni Yayi et Nicéphore Soglo, et de Sébastien Ajavon, opposant et ancien candidat à la Présidentielle de 2016 (tous trois absents)- pour dénoncer les «dérives» du gouvernement du Président Talon et exiger «la restauration de la démocratie et de l’Etat de droit».
Cette rencontre fait suite à la condamnation, le mois dernier par contumace à vingt ans de prison, de Sébastien Ajavon pour trafic de cocaïne et l’émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre.
Le député Basile Ahossi a vertement critiqué «la mainmise du chef de l’Etat sur les principaux secteurs de l’économie béninoise» et la mise sous boisseau des institutions publiques : «le dispositif judiciaire du pays est affaibli ; les institutions ont perdu leur indépendance ; la Cour constitutionnelle est considérée désormais comme un service rattaché à la Présidence et dirigée par l’avocat personnel du chef de l’Etat», a-t-il déclaré.

Mobilisation à cinq mois des législatives
La Coalition a également dénoncé «l’acharnement politique» contre les opposants. Le député Nourenou Atchadé a lu une motion pour les exilés politiques et tous ceux qui sont «actuellement persécutés». «Ces exilés sont victimes du plan de destruction enclenché contre l’opposition depuis quelques mois. Un plan soigneusement dissimulé derrière la lutte contre la corruption et portant atteinte à la liberté d’expression des opposants…», a martelé Nourenou Atchadé.
Selon sa déclaration officielle lue à la tribune, l’opposition «exige l’arrêt immédiat des poursuites judiciaires ciblées ; la libération immédiate des prisonniers politiques et d’opinion ; l’abrogation des lois portant code électoral et charte des partis politiques ; le retour des exilés avec garantie de sécurité et possibilité de participer à la vie politique ; la relecture du Code pénale et l’abrogation de la loi portant création de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet)».
La plupart des formations politiques membres de la coalition étaient là : les Forces cauris pour un Bénin émergent, la Renaissance du Bénin, l’Union sociale libérale, le Parti communiste du Bénin… A cinq mois des prochaines Législatives, elles sonnent la mobilisation générale face au camp de la majorité présidentielle qui poursuit son processus de mise en place de deux blocs (Progressiste et Républicain) pour mieux quadriller les circonscriptions électorales.
jeuneafrique.com

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