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Accusée d’adultère, l’ex-épouse du ministre du Budget a tenu à laver son honneur devant la justice. Maty Fall a attrait hier le patron de Dakar Poste devant la barre du Tribunal correctionnel. Compa­raissant pour diffamation, Mamadou Ndiaye risque 2 ans dont 6 mois ferme. Selon Me Baboucar Cissé, conseil de la partie civile, les accusations du prévenu ne sont pas fondées. «Son mari lui a demandé le divorce sans aucune explication avant d’abandonner son domicile. Le but était tout simplement de se débarrasser de la deuxième épouse, car il a pris une troisième. Une semaine après, ils ont été convoqués au Tribunal et son mari a parlé d’incompatibilité d’humeur. Le second rendez-vous, son mari a parlé d’infidélité sans apporter la preuve. Et le juge a réfuté cette thèse avant de demander d’allouer la somme de 25 millions à sa femme. Mais je m’y suis opposé en réclamant 500 millions, raison pour laquelle le divorce n’a pas encore été prononcé», a expliqué Me Cissé. Selon toujours l’avocat, c’est en octobre 2016 que le site Dakar Poste a annoncé que la femme du ministre du Budget a été prise en flagrant délit d’adultère par son mari. A son avis, le prévenu est un mercenaire à l’image des membres du Daech. Frustré par l’article du journaliste, l’avocat révèle que Mamadou Ndiaye est un récidiviste. «Il a envoyé une jeune fille pour faire chanter Mme Mangara. L’enquête faite par la Brigade de la sûreté de l’Etat a permis de découvrir que le cerveau de ce chantage n’est personne d’autre que le prévenu», dit-il. «Le Sénégal est en train de prendre une mauvaise passe et il est temps de sévir», indique la robe noire. Abondant dans le même sens, Me Dialy Kane pense que c’est l’honneur de sa cliente qui a été bafouée. «Dire qu’il trompait son mari avec un joueur est ahurissant», se désole-t-il.
D’ailleurs, Maty Fall a même demandé à Mamadou Ndiaye de lui apporter la preuve qu’un autre homme, à part son mari, l’a une fois touchée. En revanche, le prévenu croit dur comme fer que les informations qu’il a livrées sont avérées. Il en veut pour preuve les sms que la dame Fall envoyait à son petit ami. «Rien n’est plus tangible que les réquisitions faites par les lignes téléphoniques. Je ne regrette pas mon geste, car je suis un journaliste d’investigation et j’informe vrai», dit-il. Devant cette confiance brandie par le prévenu, le juge ne s’est pas privé de lui demander s’il allait «faire un article si c’était votre sœur».

La victime réclame un milliard
Pour le préjudice subi, les avocats de la partie civile réclament un milliard. Le procureur se réjouit que la dépénalisation des peines pour les journalistes ne soit pas votée par les députés. Selon lui, «le prévenu a porté des allégations qui ne sont pas vraies», dit-il en soulignant que «si c’était sa propre sœur, il n’aurait pas écrit un article pour l’accuser d’adultère». Il a requis 2 ans dont 6 mois ferme et une amende de 500 mille francs Cfa à son encontre. «Toute vérité n’est pas bon à entendre», a dit Me Ousseynou Gaye.
L’avocat de la défense pense que dans le cadre d’un procès, tout élément de preuve doit être rapporté : «Tout Dakar est venue à cette cérémonie de ganalé. Lors de cette fête, son mari l’a répudiée devant tout le monde pour infidélité. C’est un fait têtu», dit la robe noire qui estime que l’incompatibilité d’humeur est une répudiation civilisée. Il a sollicité l’application de la loi. Son client sera édifié le18 janvier prochain.
justin@lequotidien.sn

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