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La Cour d’appel correctionnelle a jugé hier l’affaire d’abus de confiance portant sur 65 millions de francs, qui oppose l’ancien international sénégalais, Momo Diamé, et El Hadji Mar. Alors qu’en première instance, El Hadji Mar a été relaxé des chefs d’abus de confiance, la partie civile avait interjeté appel afin que le préjudice qui lui est causé soit réparé. En fait, le footballeur avait été approché par le prévenu, très proche de son défunt père, qui lui avait proposé d’administrer, gérer ses biens au Sénégal. C’est sur ces entrefaites que la partie civile, en accord avec sa maman, avait mandaté l’ami de la famille pour l’acquisition d’un terrain à usage d’habitation. Trouvant l’idée géniale, Momo Diamé a accepté  de mettre la main à la poche en décaissant 160 millions F Cfa pour son acquisition. Or, le coût réel serait de 95 millions. Il est également reproché au prévenu d’avoir le 21 décembre 2012, établi et confectionné une promesse synallagmatique de vente, censé être conclue entre lui et le sieur Alioune Ndiaye alors que l’acte est une copie  sur laquelle il a apposé sa signature. Se sentant abusé par l’ami de son défunt père qu’il accuse d’avoir détourné ses 65 millions F Cfa, Momo Diamé est décidé à se faire rembourser.
Devant la barre, le prévenu, El Hadj Mar, a contesté le délit d’abus de confiance qui lui est reproché. D’après Me Ousseynou Gaye, avocat de l’ex-international sénégalais,  la supercherie a été découverte lors de l’exécution de la mission d’expertise sur le site. Selon lui, «El Hadji Mar  a présenté un acte notarié établi le 22 août et le 12 septembre 2013 alors que le prix de cession réel est de 95 millions». Il relève aussi que le prévenu a majoré le coût des travaux de la construction. Pour un immeuble de 5 étages avec  un sous-sol, qui a été évalué à 126 millions 860 mille 525 F Cfa, El  Hadji Mar, en tant que maître d’ouvrage, a reçu la somme de 214 millions 225 mille 932 F Cfa pour la construction. «Soit un gap de 87 millions 365 mille 407 F Cfa», estime le conseil du footballeur, qui annonce que le prévenu a fait aussi un détournement de loyer.  «Il a encaissé la somme de 25,5 millions, représentant des revenus locatifs de janvier 2012 à juin 2014», poursuit-il.
Des accusations qu’il a contestées devant le juge de la Cour d’appel «en se demandant comment on peut me reprocher le détournement de 30 mois de loyer alors que le terrain a été finalisé en 2013». Toujours dans ses dénégations, il a indiqué «avoir viré l’argent sur le compte de Diamé». Le prévenu, qui serait un ancien footballeur, prétend avoir acheté le terrain 160 millions. D’après lui, «le propriétaire avait demandé de minorer le prix sur l’acte de vente pour éviter un redressement fiscal très élevé». Quid du retard des travaux ? «J’avais projeté de tout finir en juin 2017. Mais, la maman de Momo Diamé a arrêté les travaux en avril 2016 au motif qu’ils n’avançaient pas», dit-il. Et à propos des 206 millions envoyés par la partie civile ? «J’ai versé 185 millions à l’entrepreneur et 10 millions à l’architecte», dévoile-t-il. En tout cas,  Me Gaye, qui  est resté sur sa faim, pense que le prévenu a profité de la confiance de la famille Diamé pour «dilapider l’argent» de l’ancien joueur de Newcastle. En guise de réparation, il a réclamé le remboursement de 177 millions 865 mille 407 F Cfa et la somme 50 millions en guise de dommages et intérêts.
L’avocat de la défense, Me Iba Diagne, a plaidé la confirmation du jugement rendu en première instance. Selon lui, le délit d’abus de confiance n’est pas établi. Quant au Parquet général, il a requis l’application de la loi. La décision sera rendue le 27 novembre prochain.
justin@lequotidien.sn

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