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Maire-de-Richartoll

Depuis quelque temps, une polémique sur l’installation d’un parcours sportif par la Fondation Marie Louise Mimran pollue l’atmosphère à Richard Toll. Accusé de s’être délibérément opposé à ce projet pour avoir fait arrêter les travaux, le maire Mame Diop rejette en bloc et explique sa décision par sa volonté de défendre les intérêts des populations.

Cette affaire à suffisamment fait débat dans la capitale du sucre pour mériter d’être inscrite comme seul point à l’ordre du jour du Conseil municipal extraordinaire convoqué samedi dernier par le maire de la ville de Richard Toll. Tout est parti d’un point de presse organisé par un groupe de personnes dont des conseillers municipaux dirigés par un homme d’affaires au cours duquel elles ont craché du feu sur le maire de Richard Tall, Mame Diop, suite à sa décision de faire arrêter les travaux de réalisation d’un parcours sportif que la Css veut offrir aux jeunes par le biais de la Fondation Marie Louis Mimran. Elles avaient accusé leur maire d’avoir arrêté le projet, sans avoir donné d’explications valables et en imposant à la Css (Compagnie sucrière sénégalaise) des conditions qu’elle ne pouvait pas satisfaire.
Samedi dernier, le premier magistrat de Richard Toll, à cause de l’ampleur que cette affaire, a convoqué le Conseil municipal pour en discuter sous la présidence du préfet de Dagana. Au terme des débats qui ont été par moments houleux, le maire s’est lui aussi confié à la presse pour s’expliquer et donner sa version des faits. Selon Mame Diop qui a rejeté en bloc les accusations de ses détracteurs, le contrat qui lie la commune de Richard Toll à la Css est très clair. Seulement, explique-t-il, la Fondation Marie Louise Mimran ou ses représentants n’ont pas voulu respecter les préalables posés par le Conseil municipal.
Par ailleurs, le premier magistrat de la ville a fait savoir que la compagnie lui a soumis une proposition de convention dans laquelle elle propose, entre autres, que le terrain de 16 hectares que la commune a décidé de lui attribuer pour l’installation du parcours sportif lui soit cédé pendant une période de 10 ans.
Pour Mame Diop, le parcours sportif peut bien servir aux jeunes de la commune, mais il ne sera pas construit sous la pression de qui que ce soit. Dans la même logique, il indique que jamais il ne signera de convention entre quatre murs, mais il se donnera toujours du temps pour partager avec son Conseil municipal. Mame Diop, qui a souligné que la mairie veillera à sécuriser le foncier de la ville, a aussi révélé que la Compagnie sucrière sénégalaise a des ambitions ina­vouées. Pour lui, elle aurait apparemment l’intention, en choisissant le site sur lequel il veut implanter son projet, de dégager une zone tampon entre le reste de la ville et la cité des cadres de l’entreprise pour éviter le contact entre ces derniers et le reste de la population. Ce qui est inacceptable.
Par ailleurs, le maire reproche aussi à la Css de lui avoir envoyé un projet de protocole dans lequel elle pose plusieurs conditions pour faire du parcours un don pour la mairie de Richard Toll. Ce qui également est inacceptable. Malgré tout, Mame Diop qui s’est félicité du soutien que lui a apporté le Conseil municipal qui veut y voir plus clair sur les intentions de la Compagnie sucrière sénégalaise a souligné que la commune de Richard Toll est disposée à poursuivre le partenariat avec la Css et la Fondation Marie Louise Mimran, mais à la condition que ces dernières respectent leurs engagements liés à la réalisation des aménagements sur l’assiette de substitution, après l’octroi par la commune de 16 hectares pour le projet et surtout que la Css octroie à la commune un acte de donation sans condition.
Pathé Sèye, préfet du département de Dagana, qui présidait la réunion, a souligné que malgré les débats houleux et même parfois la passion qui les a entourés, le Conseil municipal a adhéré à toutes les décisions prises par le maire. Il a rappelé que la compréhension que lui comme le ministre de tutelle ont du projet est que c’est un projet de la commune de Richard Toll et que le partenaire qu’est la Css ne peut rien faire sans son aval. Il a toutefois invité le maire et ses collaborateurs à poursuivre la réflexion et les discussions autour du projet.
cndiongue@lequotidien.sn 

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