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Après la marche initiée par le Collectif des entités traditionnelles d’Oussouye, de Calobone et d’Ekink, dénonçant l’expropriation de leurs terres par les communes d’Oukout et de Mlomp, c’était au tour ce dimanche des maires de ces deux collectivités territoriales incriminées d’apporter la réplique à l’édile d’Oussouye, Edouard Lambal, et à ses mandants. Ils ont appelé les populations au calme et à la sérénité.

Michel Diatta et Insa Him­bane, respectivement maires de Mlomp et d’Oukout, ont lors d’une conférence de presse tenu à répondre à «la sortie malencontreuse» de l’édile d’Oussou­ye, Edouard Lambal, sur la question foncière qui alimente les débats dans ce département suite à la destruction des bornes implantées dans les périmètres de leurs communes. Sur ce chapitre, l’édile de Mlomp se veut formel. Selon Michel Diatta, «le maire et les populations d’Oussouye imputent à tort la responsabilité au préfet Ismaïla Ndiaye dans l’enlèvement des bornes». Et le maire d’expliquer : «Je précise ici et solennellement que c’est bien moi qui ai procédé à cet enlèvement en toute responsabilité, sans aucune intervention du préfet.» D’après l’édile de cette commune, des maires se sont succédé dans la commune d’Oussouye, mais jamais un n’a posé de tels actes. Cette sortie du maire est une manière de clore à tout prix ce débat sur l’histoire de ces bornes qui risquent, prévient-il, «de heurter la sensibilité de leurs populations et de les pousser à la révolte». Convoquant l’exposé des motifs de l’Acte 3 de la décentralisation où il est mentionné que la première phase se déroule dans le respect et le maintien des limites des communes, les maires d’Oukout et de Mlomp se disent du coup outrés par la démarche de leur collègue d’Oussouye, Edouard Lambal. Selon eux, ce dernier «semblerait méconnaître en ce 21ème siècle les fondements de cette loi au point d’implanter des bornes dans des communes voisines». Un acte que ces derniers qualifient d’incompréhensible, d’illégal et hégémonique. Dans leurs explications, ils informent que c’est ce qui a poussé l’autorité préfectorale à convoquer un Crd sur la question foncière. «Au cours de celui-ci, une recommandation forte d’enlever les bornes dans un délai de 10 jours fut formulée à l’endroit de l’édile d’Oussouye. Et c’est face à son refus que j’ai pris en toute responsabilité la décision de procéder à l’enlèvement des bornes», a fait savoir l’édile de Mlomp.
S’agissant du départ du préfet réclamé par les populations de la commune d’Oussouye, ils soutiennent que ce n’est pas à l’ordre du jour. D’autant plus, soulignent-ils, que «ce souhait émanant d’une minorité manipulée n’est pas l’avis de la majorité écrasante de tout le département». «Vous savez que nous sommes tous égaux devant la loi. Personne dans ce département ne peut être au-dessus des lois», arguent-ils. En plus, pour le maire d’Oukout, la région a assez souffert de 36 ans de conflit. Donc, d’après lui, «ce n’est pas au moment où le président de la République lance des projets de développement pour cette région que nous allons créer des conflits dans nos différentes localités pour enfreindre leur développement». Insa Himbane a par la même occasion lancé un appel aux autorités compétentes du pays afin de statuer et de régler ce problème qui risque de mettre «leurs localités dans un conflit éternel».
imane@lequotidien.sn

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