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Dans le cadre de la réduction du train de vie de l’Etat, Macky Sall a décidé hier, de suspendre «toutes les acquisitions de véhicules de fonction et de service, au nom de l’Etat, des structures parapubliques et des sociétés nationales». Cela, assure le communiqué du Conseil des ministres d’hier, «à compter de ce 20 février 2020, et jusqu’à nouvel ordre».

Les concessionnaires de véhicules ont dû perdre leur entrain hier en lisant ou en écoutant le compte-rendu de la réunion du Conseil des ministres. L’info qu’ils en ont tirée ne devait pas leur faire plaisir. En effet, hier, le chef de l’Etat, abordant la transformation du système de gestion des véhicules administratifs, a, selon le communiqué signé du porte-parole du gouvernement, «souligné la spécificité de la réglementation de leur acquisition, utilisation et gestion. Toutefois, il a été constaté le manque de rigueur dans l’application intégrale de la réglementation entrainant des abus aux conséquences budgétaires et financières énormes pour l’Etat.
Le président de la République a, dès lors, décidé de suspendre, à compter de ce 20 février 2020, et jusqu’à nouvel ordre, toutes les acquisitions de véhicules de fonction et de service, au nom de l’Etat, des structures parapubliques et des sociétés nationales».
Macky Sall «a, à ce titre, demandé au ministre d’Etat, Secrétaire général de la présidence de la République, au ministre, Secrétaire général du gouvernement et au ministre des Finances et du budget, de finaliser le recensement intégral de l’ensemble des véhicules administratifs, de réviser leur réglementation, de proposer un schéma de réforme des véhicules âgés de cinq ans et plus et d’examiner, pour les ayants droit rigoureusement retenus, les modalités d’allocation d’une indemnité forfaitaire globale (Ifg), intégrant l’amortissement du véhicule, le carburant, l’entretien et l’assurance».
Le Président Macky Sall, selon le document, «a, enfin, engagé le gouvernement, le ministre des Finances et du budget, notamment, à communiquer autour du processus en cours avant le déploiement du nouveau système de gestion des véhicules administratifs à partir du 1er avril 2020».
Pour rappel, lors du dernier marathon budgétaire, le ministre des Finances et du budget, Abdoulaye Daouda Diallo, avait expliqué qu’il ressortait des statistiques que le montant décaissé pour les dépenses de véhicules de 2012 à 2018 s’élevait à 119 milliards de francs Cfa. Pour l’année 2019, il est estimé à 3 milliards 490 millions de francs Cfa. Quant aux prévisions de 2020, c’est un montant de 6 milliards 600 millions de francs Cfa qui est affecté à l’achat des véhicules dont seulement 1 milliard pour la Direction du matériel et du transit administratif (Dmta). Il y a 5 ans, le montant affecté à la Dmta pour l’acquisition des véhicules était de 6 milliards. Ce chiffre est toutefois assez trompeur, quand on sait que plusieurs départements ministériels, pour contourner les restrictions liées à l’achat de véhicules, se rabattaient vers les agences et les projets sous leur tutelle pour s’approvisionner. C’est ainsi que les dépenses liées à l’achat de véhicules pour les projets et agences pouvaient s’élever à 11 milliards par an, alors que les mêmes dépenses connaissaient une réduction régulière d’année en année.
C’est le samedi 14 février dernier que le Président Sall a pris la décision, à l’issue d’une réunion sectorielle sur la question, de suspendre l’achat de véhicules jusqu’à nouvel ordre. Il faut néanmoins relever que cet effort de rationalisation des dépenses de l’Etat a commencé depuis quelque temps déjà, et s’était manifesté par la décision de réduire les frais de téléphone ainsi que les indemnités de logement. Ces indemnités sont directement inclues dans le salaire, et les bénéficiaires s’en acquittent directement.
L’ensemble de ces décisions de réduction du train de vie de l’Etat, comme on dit de manière habituelle, fera passer le pourcentage des dépenses de fonctionnement de l’Etat de 56% l’année dernière à 54% cette année. Par ailleurs, si les concessionnaires de véhicules rient jaune, il faut s’attendre à ce que les gérants de stations-services grincent les dents. La réforme du parc automobile de l’Etat va induire nécessairement une réduction des dépenses en carburant et en frais d’entretien des véhicules. Détail anecdotique sur ce point, le gouvernement avait déjà supprimé les bons d’essence pour les remplacer par les cartes magnétiques. Cela permettait d’éviter des fraudes, parce que lesdits bons servaient souvent de monnaie d’échange à certains fonctionnaires assez peu scrupuleux. Et c’était déjà un signe d’économie.

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