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Près de quatre ans après sa mise en œuvre, la première phase de l’Acte 3 de la décentralisation a été jugée «mitigée» par des acteurs. Ces derniers attendent la deuxième phase de la réforme pour consolider les acquis.

Les acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux passent à la loupe le bilan de l’Acte 3 de la décentralisation. Quelques années après la mise en place de la première phase, ces acteurs affichent déjà un bilan moins favorable. Selon Fatoumata Guèye Ndiaye, membre du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct), le bilan est «mitigé». «Même s’il y a eu des acquis, il faut aussi reconnaître qu’il y a eu beaucoup de contraintes», s’est désolée la présidente de l’Association des juristes sénégalaises (Ajs), lors d’un panel portant sur «Acte 3 de la décentralisation : comment relancer et réussir la réforme ?». Mme Ndiaye a, en outre, souligné, entre autres, «le non-accompagnement des compétences aux différentes collectivités locales, le manque de formation des agents des communes». A ses yeux, la participation citoyenne n’est pas effective car la gestion des collectivités est «politisée». Pour Pape Madiop Sarr, élu et secrétaire municipal à la commune de Dieuppeul-Derklé, l’Etat est dans «l’impréparation» pour la deuxième phase de l’Acte 3. «Il y a un manque de concertation au niveau des acteurs. Et il y a beaucoup de difficultés pour collaborer avec les agents de l’Etat», relève-t-il.

«Tout repose sur le financement pour réussir la phase 2»
Aujourd’hui, il y a une forte attente de la mise en place de la deuxième phase de l’Acte 3 qui devrait achever la réforme intégrale avec l’avènement des pôles territoires. «Depuis 2013, le gouvernement sénégalais a engagé une réforme de la décentralisation dénommée Acte 3. A travers cette réforme, il y a eu 2 phases. Une première phase qui a été bouclée avant les élections locales de 2014. Cette première phase a consacré la communalisation intégrale, la départementalisation et érigé la participation citoyenne des principes de la décentralisation», rappelle Cheikh Omar Faye. Le Secrétaire exécutif de Asadic-taataan, une structure orientée dans le renforcement des capacités des citoyens, d’ajouter : «Il reste entendu que depuis lors, on semble constater un statu quo dans la réforme portant l’Acte 3. A l’issue de la première phase, il fallait partir à la deuxième phase. Pratiquement, le gros des problèmes est lié à la question financière des collectivités locales. Et celle-ci devait être prise en charge dans la deuxième phase de la réforme. Qu’est-ce qui explique que cette 2ème phase n’a pas encore démarré ? Les gens vont apporter leurs réflexions. Il appartiendra à l’autorité qui a engagé cette réforme de poursuivre cette réforme parce que parmi toutes les questions posées, celle financière constitue la base», a fait remarquer M. Faye.
Stagiaire

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