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Le retour définitif de la paix en Casamance est le véritable sujet de préoccupation de la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance. Depuis sa naissance en septembre 2010, cette structure, dirigée par Mme Ndeye Marie Thiam Diédhiou, s’est déployée dans les régions sud et les autres zones du pays. Objectif : porter le message de paix, faire du plaidoyer et sensibiliser les femmes et les autres composantes de la Nation sur la nécessité et l’urgence qu’il y a à faire revenir la paix dans la partie méridionale du pays. La Pfpc veut mobiliser autour d’elle les femmes «pour la construction de la paix en Casamance». Elle veut se «positionner comme partie prenante aux négociations conformément à la résolution 1325 des Nations unies». Mais aussi «amener l’Etat et le Mfdc à prendre en compte les propositions des femmes». La Plateforme «développe des stratégies de plaidoyer pour la promotion de la paix et pour la réconciliation des populations, œuvre contre toutes formes de violence, de discrimination ou d’injustice faite aux femmes et aux enfants, développe des programmes de soutien aux couches vulnérables (et) contribue à la relance des activités économiques de la Casamance naturelle», renseigne le document de présentation de la Pfpc qui nous est parvenu.
Plusieurs actions ont été réalisées par la Pfpc depuis sa naissance, il y a 9 ans. L’on note «une nuit de prière suivie d’une grande marche pour la paix le 11 janvier 2011, à Ziguinchor». Près de 5 000 personnes, toutes religions confondues (musulmane, chrétienne et traditionnelle), avaient pris part à cette mobilisation en faveur de la paix, renseigne-t-on.
La stratégie d’intervention de la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance tourne autour de trois axes : «Relancer le dialogue entre l’Etat et le Mfdc afin de promouvoir la reprise de négociations larges et inclusives pour un retour définitif de la paix en Casamance ; lutter contre les violences exercées sur les populations civiles par les porteurs d’armes et enfin de renforcer les capacités organisationnelles et institutionnelles de la Pfpc afin d’en faire un acteur dynamique de la Société civile en faveur de l’égalité des genres dans les processus de recherche de la paix.»
En 2012, la Plateforme des Femmes pour la paix en Casamance a lancé une pétition. Celle-ci «avait pour objectif de faire entendre la voix des populations casamançaises par rapport au conflit». «Elle exigeait de l’Etat et du Mfdc l’arrêt immédiat des hostilités et la tenue de négociations directes, franches et sincères pour la restauration de la paix définitive. Cette campagne enregistrera plus de 50 000 signatures à travers toute la Casamance.»
Les femmes de la Plateforme pour la paix en Casamance saisiront l’opportunité que leur a offerte l’élection présidentielle de 2012 pour interpeller les candidats à la magistrature suprême «sur la situation que traverse la région naturelle de Casamance». «La Pfpc gagnera ses lettres de noblesse et réussira a marqué de son empreinte, le processus de paix en Casamance, suscitant par la même occasion l’attention de l’opinion publique nationale et internationale. Entre les deux tours, elle invitera les derniers candidats en lice, Messieurs Macky Sall et Abdoulaye Wade, à se prononcer sur leur projet pour la Casamance et à s’engager à impliquer les femmes dans le processus de résolution du conflit conformément à la R1325 des Nations unies», fait remarquer le document.

Marche silencieuse pour la libération des 12 démineurs
de Mechem
La lutte contre les mines antipersonnel mobilise aussi les femmes de la Pfpc. La prise d’otage des 12 démineurs de Mechem a poussé la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance (Pfpc) à monter au créneau «pour exiger leur libération sans condition ainsi que la poursuite du déminage humanitaire». Une marche silencieuse fut organisée, à ce sujet, «à travers les artères de la ville de Ziguinchor le 22 mai 2013». «A la suite de cette manifestation qui a enregistré une forte participation de la jeunesse, 3 femmes parmi les 12 démineurs seront relâchées par le Mfdc. Leur libération sera suivie quelques jours plus tard de celle des hommes», rappelle la Pfpc.
Auparavant, en avril 2012, elles mèneront «une campagne d’information et d’appel aux dons en faveur des populations en détresse du Sindian». Une attitude motivée «par la pose des mines et la persistance des affrontements entre l’Armée et le Mfdc dans l’arrondissement de Sindian, (qui) obligea les populations même les plus téméraires à fuir les zones d’insécurité». Cette initiative a permis «de récolter de nombreux dons en faveur des habitants de cette localité qui ne manqueront pas de manifester leur profonde gratitude à la Pfpc».
Dans sa volonté de prendre contact avec l’ensemble des acteurs engagés dans le conflit, la Pfpc a tenu «des rencontres et dialogues avec certains responsables les plus accessibles du Mfdc». «Ces rencontres sont l’occasion de présenter la démarche de la Plateforme et d’écouter les positions de chacun, en vue d’élaborer des propositions pour les futures négociations de paix», explique-t-on encore.
Le Président Macky Sall n’a pas été indifférent aux activités de la Plateforme, puis qu’il l’a reçue «par deux fois». «D’abord le 27 juin 2012 en marge du troisième conseil des ministres décentralisé qui s’est tenu à Ziguinchor, ensuite le 17 mars 2014 lors du lancement du Pôle de développement pour la Casamance», renseigne la Plateforme pour la paix en Casamance. Qui indique que «lors de ces rencontres il s’est agi pour la Pfpc de rappeler au Président ses engagements pris devant les femmes notamment le respect de la R1325, son engagement à privilégier le dialogue, etc.». «La Pfpc obtiendra l’assurance du chef de l’Etat que les femmes auront leur place dans le futur cadre qui sera mis en place», annonce la structure dirigée par Ndèye Marie Thiam Diédhiou.
Les rencontres communautaires, la Journée nationale et les journées régionales de mobilisation et de plaidoyer pour la paix, les rencontres et dialogues avec leaders religieux locaux comme Monseigneur Paul Abel Mamba, l’Imam Fansoun Bodian, le Roi d’Oussouye et le Roi de Calobone et les campagnes de sensibilisation et lutte contre les violences faites aux femmes et aux jeunes filles, entre autres réalisations, sont à mettre à l’actif de la Plateforme pour la paix en Casamance.

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