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Enfin : Le journaliste-consultant Adama Gaye a bénéficié hier d’une liberté provisoire. La notification de l’ordonnance de libération a été remise à ses avocats ce vendredi après-midi. La fin d’un feuilleton pour le journaliste qui est resté en détention à cause de l’opposition du Parquet qui a donné cette fois-ci son onction. Adama Gaye avait été inculpé en août des délits d’offense au chef de l’Etat et d’atteinte à la sûreté de l’Etat, après des messages postés sur Facebook dont il a réfuté en être l’auteur pour certains.
Interrogé à sa sortie de prison, il est apparu avec une voix faible, provoquée sans doute par les conditions carcérales. Mais il n’a pas perdu sa détermination à Rebeuss : «Il faut savoir que je vais observer une période de silence parce que je vais me concerter avec ma famille, des acteurs, des dignitaires qui ont agi pour ce qui est une issue heureuse devienne une réalité. En ce moment précis, permettez simplement que je savoure cette liberté que je n’aurais jamais dû perdre. Les écrits qui sont à l’origine de mon arrestation ne sont pas une cause pour arrêter quelqu’un. Je pense aussi bien que la Constitution et l’histoire sénégalaise sont suffisamment solides pour empêcher un individu d’être privé de sa liberté sur des considérations qui m’ont permis de voir l’aveuglement d’une justice qui a agi dans la précipitation, l’illégalité et le cafouillage. En vérité, j’ai un peu honte pour la mémoire institutionnelle de mon pays. Pour l’heure, permettez que – j’ai voulu vous adresser la parole parce que vous êtes de jeunes confrères – je garde un peu le silence et que je me concerte avec ma famille et mes amis. Et il y a beaucoup de problèmes au pays et vous comprendrez cela.» Quid de sa grève de la faim ? M. Gaye préfère en sourire : «Je suis un communicateur et je suis un stratège en communication. Je ne suis pas ce genre de personne qu’on enferme dans une prison et l’oublier à vie. Sous ce rapport et voulant que le monde sache les conditions dans lesquelles j’étais détenu, j’ai annoncé que j’observais une grève de la faim même si ça était une stratégie qui a marché parce que tous les médias internationaux ont repris l’information. Il faut savoir que je ne suis pas disposé à être suicidaire parce que la religion musulmane l’interdit. C’est l’un des messages que j’ai reçus du fils aîné du khalife général des Mourides qui est venu me le porter à son nom. Enfin, ce n’est pas la seule démarche que j’ai entreprise : j’y ajouterai l’information que j’ai donnée, relativement à la saisine des dirigeants de la Cedeao que j’ai servie en tant que directeur de la Communication sur le recul de la démocratie au Sénégal. Enfin, j’étais sur le point de sortir une lettre de ma fille aux Nations Unies pour alerter la communauté diplomatique qui se réunit mardi à l’Assemblée générale de l’Onu. Et ma fille allait envoyer la lettre et nous étions disposés à faire si besoin des grèves de la faim devant le siège des Nations Unies à New York ou devant même la Maison Blanche. Il faut parfois user de stratagèmes pour atteindre ses objectifs», détaille M. Gaye très heureux de retrouver ses «jeunes confrères».

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