PARTAGER
Mamadou Ibra Kane du Cdeps.

Après l’adoption en Conseil des ministres du projet de loi du Code de la presse,  la Coordination des associations de la presse élève la voix pour informer et alerter l’opinion sur un fait : «Ce projet de Code de la presse est totalement inconnu à la presse.»  Le porte-parole de la Cap, Mamadou Ibra Kane, l’a fait savoir hier face à la presse.

Juste quelques jours après son adoption en Conseil des ministres, le projet de Code de la presse fait face à un nouvel obstacle. Hier, la Coordination des associations de la presse, réunissant entre autre le Cdeps, le Synpics, l’Urac… se sont réunis au siège de l’Urac pour dénoncer le manque de consensus de ce projet de Code de la presse que le président de la République a promis de soumettre à l’Assemblée afin qu’il soit voté en procédure d’urgence avant la fin de ce mois. «Ce projet de code nous est totalement inconnu. Nous n’en connaissons pas le contenu», a déploré le président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de la presse (Cdeps) et porte-parole de la Cap, Mamadou Ibra Kane. Il révèle que le ministre de la Culture et de la communication avait pourtant fait la promesse qu’avant que le projet ne soit déposé par son ministère au niveau du gouvernement que la presse allait en prendre connaissance. «Cela n’a pas été le cas et aujourd’hui nous ne connaissons pas le contenu de ce projet de Code de la presse» que le gouvernement considère comme consensuel.
«Le gouvernement parle de projet de code consensuel, accepté par tous les acteurs des médias. Pour le moment, nous ne savons pas ce que contient le projet de Code de la presse et par conséquent nous ne pouvons pas parler de projet de code consensuel», a soutenu M. Kane aux côtés de ses collègues de la Cap, Bakary Domingo Mané (coordonnateur de la Cap), Ibrahima Lissa Faye (presse en ligne) Ibrahima Khaliloulah (Synpics) et Talla Dieng. Il a insisté sur le fait que le ministre de la Culture et de la communication n’ait pas tenu ses promesses. En effet, à l’issue de la marche sur la liberté de la presse que la presse avait organisée, le ministère avait pris l’engagement qu’avant tout dépôt du projet de Code de la presse au niveau du gouvernement, il allait le partager avec les acteurs des médias et proposer un calendrier afin de discuter avec la presse de tous les 7 points qui étaient contenus dans le mémorandum qu’ils avaient déposé le 3 mai. «Malheureusement, nous n’avons reçu jusqu’à présent aucune réaction de la part du ministère de la Culture et de la communication», regrette encore le président de Cdeps, Mamadou Ibra Kane.

7 ans d’inertie
L’on est donc porté à croire que ce projet de loi traîne une poisse. Oui la poisse ! Depuis 8 ans, il est au cœur des discussions entre la presse et le gouvernement, depuis 8 ans il peine à être adopté et voté à l’Assemblée. Pourtant après l’annonce de son adoption en Conseil des ministres, certains journalistes se sont dit : «Enfin, nous tenons notre code.» Le processus d’élaboration du Code de la presse remonte à septembre 2009. En octobre 2010, le projet de code consensuel avait été déposé sur le bureau du gouvernement. D’octobre 2010 à ce jour, il n’y avait toujours pas eu de nouveau Code de la presse. Alors, le fait que le Conseil des ministres ait adopté le nouveau Code de la presse représente aux yeux des associations de la presse une avancée significative. Seulement ils espéraient que le gouvernement leur soumette ce projet de code afin qu’il le lise avant qu’il ne soit voté à l’Assemblée. Sans cette relecture, la Cap a peur que ce projet de Code de la presse soit porteur d’éléments qui aillent à l’encontre des intérêts de la presse. «En octobre 2010, les seuls problèmes étaient les sanctions privatives pour les délits de presse. Nous avons par la suite fait la concession de réintroduire ces sanctions pour trouver un consensus. Mais aujourd’hui, nous avons des craintes dont l’une d’elles, le renforcement de la répression des délits de presse», a souligné M. Kane. Et ces craintes sont encore plus accrues avec la récente promulgation du décret portant création et organisation de la Maison de la presse.
aly@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here