PARTAGER

«L’on peut tout perdre, fors l’honneur»
Depuis quelques semaines, il fait l’actualité, occupe le devant de la scène et pour faire mode, il fait le buzz. Lui, c’est le sieur Assane Diouf, un Sénégalais bon teint qui, à partir des Etats-Unis d’Amérique, n’a eu de cesse de lancer des missiles offensantes, d’injurier et d’insulter, allègrement et en direct, des compatriotes dont le Président Macky sall.
Par rapport aux propos tenus par Assane Diouf, j’avoue avoir une position ambivalente. En effet, dans son discours il dénonce beaucoup d’aspects négatifs de la politique actuellement me­née par le régime en place, notamment la ploutocratie érigée en mode de gouvernance, la manipulation de la justice à des fin personnelles et politiciennes, l’arrogance des pontes du régime et particulièrement les responsables de l’Apr et les alliés socialistes, «l’ethnicisation» à outrance de l’Administration, l’instrumentalisation et la désacralisation de la religion et enfin, la réification du citoyen sénégalais considéré comme un objet de commercialisation, donc susceptible d’être acheté ou vendu au plus offrant. Sans compter aujourd’hui l’apparition des prémices de revendications identitaires et ethniques voire raciales.
La dénonciation de telles pratiques n’a pas commencé avec Assane Diouf dont je doute fortement de la culture politique. D’autres avant lui l’on fait. Il n’aura fait que son devoir de citoyen vigilant pour préserver le pays de dérives qui peuvent être source d’instabilité politique et de désordre social.
Il appartient aux gouvernants actuels d’analyser le discours de ce concitoyen et de réfléchir sur le bien-fondé de ses accusations sur la manière dont le pays est dirigé.
Par contre, j’exprime avec la plus grande vigueur mon indignation et condamne avec la plus grande fermeté les injures, les insultes proférées par le sieur Assane Diouf à l’endroit de compatriotes qui, pour certains, n’ont eu que le tort d’être célèbres. Je suis d’autant plus indigné qu’il n’a point épargné son Excellence Macky Sall, président de la République. En l’insultant, en l’injuriant, c’est tout le Peuple sénégalais qu’il a offensé. Au-delà du délit d’offense au chef de l’Etat, c’est une véritable offense à la Nation qui mérite que soient prises à l’encontre de son auteur les sanctions les plus sévères pour prêcher d’exemple.
Par ses injures, ses insultes et ses insanités à travers un mé­dium public, Assane Diouf a agressé notre fierté et souillé la réputation de notre pays. De quel droit doit-il traîner et vouer aux gémonies des Sénégalais ? De quel droit peut-il se prévaloir pour entacher l’honneur de madame Marième Faye Sall, épouse de notre Président, en la taxant de traînée et de dévergondée ? Au nom de quoi s’arroge-t-il le droit de salir la réputation et l’honneur de mères de famille dont certaines, pour ne pas dire toutes, ont été des modèles d’épouses parfaites et de femmes vertueuses ? A-t-il vraiment du respect pour sa propre maman qui, aujourd’hui, doit souffrir des agissements de ce fils indigne qui a jeté l’opprobre sur toute la famille Diouf ?
Je suis ébahi d’apprendre de la part de certains collaborateurs du président de la République que celui-ci considère tout cela comme un épiphénomène, c’est-à-dire en français facile, un phénomène secondaire, sans importance, périphérique. Non, ce n’est pas possible que Macky Sall puisse penser cela. Comment un digne fils qui a été témoin des souffrances, des peines et des sacrifices de sa brave maman peut-il considérer comme sans importance le fait qu’on traîne celle-ci dans la boue, dans la fange ? Aucune mère, fut-elle celle du gueux du coin, ne mérite une telle coprolalie. C’est inadmissible, tout simplement parce que l’offense est irrémissible.
C’est très commode, très simple et très facile de fuir ses responsabilités en voulant évacuer le problème par l’indifférence. La responsabilité dans ce cas d’espèce, c’est de s’ériger en défenseur de nos valeurs sociétales, de toutes ces mamans dont la dignité et l’honneur ont été bafoués, piétinés et agressés. Il appartient au président de la République de comprendre que la mollesse dans la réaction de ses partisans et autres collaborateurs n’est rien de moins que la traduction et l’expression de leur vraie nature ; des couards, des poltrons, des pleutres qui ne se soucient que de leurs propres intérêts égoïstes. Même si Assane Diouf détenait des informations explosives, assimilées à des bombes, ce dont je doute fort, pourquoi refuseraient-ils de se sacrifier pour défendre votre honneur. Le sacrifice on le fait ou on le fuit. Vos collaborateurs ont fait le choix de le fuir en voulant absolument évacuer le problème en évoquant l’échappatoire de l’indifférence et de la minimisation. Votre entourage est prompt à sortir les griffes et exhiber les crocs quand il s’agit d’opposants, mais devant Assane Diouf, c’est la queue entre les pattes.
Monsieur le Président, où sont-ils, ces aboyeurs professionnels prêts et pressés à casser de l’opposant, ces prétendus éminents juristes et autres directeurs d’agences nationales grassement rémunérés, qui prenaient leur plume pour vous défendre par des arguties juridiques totalement vides de consistances cognitives ? Par peur certainement des bombes que détiendrait Assane Diouf, ils se sont tous terrés. Le courage ne s’acquiert pas, il est inné, c’est-à-dire qu’on naît avec. Bombes pour bombes, celles dont nous commissaires de police disposons sont mille fois plus destructrices que celles de Assane Diouf. Là n’est pas le problème. Il vous faut des kamikazes prêts à se sacrifier pour défendre votre honneur, quoi qu’il puisse leur en coûter.
Monsieur le porte-parole du gouvernement a déclaré ne pas vouloir donner de l’écho ni un retentissement à l’affaire qui, à ses yeux, relève de l’insignifiant. La même rengaine. Quant à monsieur le procureur de la République, un magistrat que je respecte beaucoup, je ne m’explique pas sa posture devant la gravité des infractions commises par Assane Diouf et dont la matérialité ne fait aucun doute. On n’a même pas besoin d’une quelconque enquête ou investigation pour établir les faits délictueux. Ce que Assane Diouf a commis est à mille lieux plus grave et sans commune mesure par rapport aux fautes vénielles reprochées à Oulèye Mané, Ami Collé Dieng et Penda Ba, des personnes frêles et fragiles, du sexe faible, qu’on a recherchées et appréhendées en mobilisant toute l’armada de la Dic. Et avec une célérité qui en a surpris plus d’un, elles ont été mises en prison.
Monsieur le procureur de la République, au nom de la République, au nom du Peuple dont vous défendez les intérêts et qui a été déshonoré, humilié, insulté, vous devez arrêter le sieur Assane Diouf. Sinon, il faudra effacer et supprimer de notre Code pénal les délits d’injures publiques et d’offense au chef de l’Etat. Ce serait grave, par stratégie, de refuser de s’autosaisir pour laisser le soin à des tierces personnes de porter plainte pour déclencher l’action publique. De quoi a-t-on peur ? Pourquoi tant de précaution ? J’exprime les craintes d’un citoyen qui croit toujours en la justice.
La seule explication qui me paraît plausible et qui nous a été donnée par des sources relativement bien introduites, est que ce sont les Etats-Unis qui auraient dicté la conduite des autorités sénégalaises en leur donnant des instructions fermes pour que le sieur Assane Diouf ne soit point arrêté à son arrivée. En effet, les Etats-Unis, soucieux de leur réputation de pays de liberté et de démocratie, ne voudraient pas qu’on les accuse d’avoir livré Assane Diouf à son pays d’origine où il est sous la menace de toutes sortes de représailles pouvant aller jusqu’à sa liquidation physique. Les organisations de droit de l’Homme étaient très attentives et suivaient particulièrement cette affaire qui dépassait le cadre d’un simple individu.
La réputation des Etats-Unis certes, mais pas au détriment de notre honneur, de l’honneur de tout un Peuple. Franchement, Assane Diouf ne mérite pas que notre Police nationale l’escorte jusque chez lui en toute liberté.
Quant à tous ceux-là qui approuvent les injures et les insanités de Assane Diouf, je me demande réellement, en leur présentant toutes mes excuses, s’ils ont vraiment du respect pour leurs propres parents et singulièrement de la considération pour leur mère. Assane Diouf a déshonoré toutes les mères du monde et honni la femme de manière générale. L’adversité politique ne doit point mener à l’irresponsabilité. Un homme politique doit en toutes circonstances faire montre de lucidité, d’objectivité et d’un sens de la mesure.
Quant aux opposants, ils n’ont pas le droit de se taire, ils doivent réagir vigoureusement aux attaques de Assane Diouf contre le président de la République et rappeler à l’ordre de manière ferme celui que la presse qualifie d’insulteur public. Au risque de se faire insulter et qu’à cela ne tienne, ils doivent s’ériger en boucliers, comme des citoyens imbus de valeurs républicaines, pour défendre le président de la République citoyen ; une station que l’un d’eux pourrait occuper prochainement. En effet, j’ai la désagréable impression que certains contempteurs du Président Macky Sall se délectent de manière malsaine des avanies que ce dernier subit présentement.
Au-delà de l’aspect trivial et politique de ses propos, le cas Assane Diouf pose un véritable problème au niveau de nos principes axiologiques, surtout au niveau moral. Et sur ce plan, les religieux ont fait montre d’un silence coupable. Peut-être la peur des bombes de Assane Diouf ?
Je me permets, avec une certaine gêne, de rappeler au Président Macky Sall qu’il a eu à mettre sous son aile protectrice un grand insulteur public qui, à travers un journal de circonstance, avait déversé toutes sortes de propos injurieux, malveillants et diffamatoires à l’endroit de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck et ses compagnons. L’éner­gumène bénéficierait d’une planque juteuse en qualité de Président de conseil d’administration. Toujours avec la même gêne, je rappelle au président de la République qu’il a nommé dans son gouvernement un autre insulteur public qui lançait ses insultes et autres diatribes à partir de l’Amérique du nord. Même lui Macky Sall n’a pas été épargné, ayant été traité par ce monsieur comme étant un incapable, un moins que rien dont l’horizon professionnel ne peut dépasser le titre de directeur et que lui confier les rênes de l’Etat serait un sacrilège avait-il ajouté. Les insulteurs publics semblent bénéficier de la compréhension et de l’indulgence de Macky Sall. Est-ce un signe de faiblesse ? D’aucuns le diraient. Peut-être que Assane Diouf aura la même chance et bénéficiera d’un traitement de faveur après avoir insulté toutes les mères et les femmes de ce pays.
A tout prendre, et je le répète, la faute commise par Assane Diouf est gravissime et irrémissible. Ne rien dire et ne rien faire serait la porte ouverte à toutes les dérives verbales.
Deux destinations s’imposaient à son arrivée sur le sol sénégalais : la prison ou l’asile psychiatrique. Qu’il ait pu échapper aux deux est une véritable prouesse dont je suis admiratif. Peut-être sera-t-il une référence de bravoure, de témérité et d’insolence pour notre jeunesse désorientée et sans repères. Aujourd’hui, en terminant ces lignes, je ne peux qu’exprimer un souhait que je suis sûr de partager avec tous les Sénégalais. «Qu’Allah nous débarrasse à jamais de cette racaille qui ne cesse de semer la pagaille en créant et provoquant des entailles immondes jusqu’aux plus profondes entrailles de la République.»
Permettez-moi de clore mon discours en réitérant à monsieur le président de la République, à son épouse, à ses enfants, à ses parents, ainsi qu’à toutes les personnes, célébrités comme anonymes, mon soutien et ma solidarité. Je partage sincèrement avec eux la douleur intérieure qu’ils vivent à la suite du déshonneur qu’on leur a fait subir.
Quant à Assane, je lui dirai tout simplement qu’un Diouf, pur de sang, s’interdit toujours d’injurier la mère d’autrui et qu’un Diouf authentique (dans tous les sens) reste toujours respectueux des valeurs morales, ancestrales dont se sont toujours nourris les vrais nobles.
Vive la nouvelle République des valeurs, des vertus et de la vérité !
Boubacar SADIO
Commissaire divisionnaire de police de classe exceptionnelle à la retraite.
Ancien directeur adjoint de la police nationale.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here