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2017 a été aussi marquée par l’ouverture du procès de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. De son issue, en 2018, dépendra une candidature de Khalifa Sall en 2019.

L’affaire de la caisse d’avance de la ville de Dakar est sans doute l’actualité politique marquante de l’année 2017. Parce que plus de 10 mois durant, elle a occupé les débats dans les chaumières et les grand’ places du pays. On peut parier que durant tout le mois de janvier, les commentaires sur ce dossier politico-judiciaire vont se poursuivre. Tout a basculé pour le maire de la capitale un certain 7 mars. Ce jour-là, l’édile de la ville de Dakar et 7 de ses collaborateurs ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt pour les délits de dé­tournement de deniers publics, association de malfaiteurs, es­cro­querie portant sur des deniers publics et blanchiment de capitaux portant sur la somme de 1,8 milliard de francs Cfa.
Tout est parti d’un rapport de l’Inspection générale d’Etat (Ige) sur sa gestion et qui a été transmis à la justice pour l’ouverture d’une information judiciaire contre le maire de Dakar. Khalifa, emprisonné à la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, ses camarades, dissidents du Parti socialiste, s’organisent à l’extérieur et mènent le combat. Sur le plan politique, les manifestations de rue pour sa libération se sont multipliées sans succès. Mais Barthélemy Dias, Bamba Fall et autres ont réussi à faire de Khalifa Aba­bacar Sall l’un des députés de la 13ème Législature. Il était la tête de liste nationale de la coalition Mankoo taxawu senegaal lors des élections législatives du 30 juillet 2017. Avant le 14 septembre, jour de l’installation des 165 nouveaux parlementaires, les conseillers de Khalifa Sall ont adressé une lettre au président de l’Assemblée nationale, pour demander la présence de leur client à l’Hémicycle. Hélas, Moustapha Niasse ignorera leur interpellation, et le nouvel élu brillera par son absence.
Son immunité parlementaire qui n’a jamais été reconnue par l’ex- ministre de la Justice, Me Sidiki Kaba, qui prétextait que les faits à lui reprochés étaient antérieurs à son élection, a été levée par ses collègues avec 125 voix pour et 23 contre, à l’arrivée de Ismaïla Madior Fall à la tête du ministère. Les choses s’accélèrent et le jeudi 14 décembre, son procès en correctionnel a été renvoyé au début de l’année 2018.
Depuis le début de cette affaire, les partisans du secrétaire à la Vie politique du Ps parlent de «cabale politique montée par Macky Sall pour écarter un adversaire en 2019». Même si le concerné n’a jamais déclaré sa candidature. Une éventuelle lourde condamnation pourrait écarter Khalifa Sall de la course à la succession de Macky Sall. Et ainsi redistribuer les cartes et les adversaires. Et au cas où il serait blanchi par la justice, il serait le potentiel adversaire le plus dangereux dans l’opposition, Idrissa Seck étant à sa remorque pour avoir accepté qu’il soit tête de liste de Manko taxawu senegaal. Karim Wade, éloigné du Sénégal, et peut-être de la Présidentielle, la voie serait toute tracée pour Khalifa Sall. Mais en attendant 2019, il faudra d’abord voir ce que 2018 réservera au dossier du maire de Dakar. Qui est aussi celui du Parti socialiste, avec l’exclusion annoncée des frondeurs.
msakine@lequotidien.sn

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