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Les choses se précisent pour les proches du maire de Dakar. Après le placement sous mandat de dépôt de l’un des leurs, Bamba Fall et Cie qui ont fait l’objet d’un 3ème retour de Parquet hier passent le week-end au commissariat central. Alors que leurs avocats ont boycotté l’audition du juge d’instruction.

Le suspense se poursuit pour Bamba Fall et Cie. Après leur audition hier devant le doyen des juges Samba Sall, ils sont tous retournés hier au commissariat central de Dakar où ils ont passé leur 3ème nuit. Mais surtout ce sera pour tout le week-end. A l’exception de Ameth Diouf qui a été, lui, placé sous mandat de dépôt. Ces proches de Khalifa Sall devraient connaître le même traitement que leur camarade de parti lundi après un autre face-à-face avec le juge d’instruction. En effet, si leur placement sous mandat de dépôt tarde encore, c’est en partie lié à l’incident qui s’est produit entre Samba Sall et les avocats de la défense. Le doyen des juges, qui a notifié à Ameth Diouf son mandat de dépôt, a ajouté aux délits préalablement retenus par les enquêteurs celui d’association de malfaiteurs. Mais après une telle décision, le pool des avocats a manifesté son intérêt de prendre la parole pour faire des observations en vue de solliciter une demande de liberté provisoire. Une volonté qui s’est heurtée au refus du doyen des juges qui a campé sur sa position, selon Me El Hadji Diouf et ses collègues de la défense. Ne pouvant rien obtenir de plus, ils ont décidé de bouder l’instruction.
La défense compte saisir le bâtonnier
Selon certaines confidences, cette attitude a même poussé le doyen des juges à exprimer son intention de commettre d’office d’autres avocats. Mais Le Quo­tidien a appris que la défense qui y voit une «violation» de ses droits compte saisir l’Ordre des avocats pour dénoncer l’attitude du juge d’instruction. «On veut simplement liquider des adversaires politiques. Mais le plus grave, c’est la violation des droits de la défense. M. le doyen des juges d’instruction a choisi de violer les dispositions pertinentes de l’article 5 du Règle­ment de l’Uemoa. Ces dispositions sont intégrées dans notre droit positif par l’Assem­blée nationale et disent que l’avocat assiste et défend son client dès son interpellation», rappelle Me El Hadji Diouf. Qui ajoute que dans le cadre de l’exercice de cette défense, l’avocat peut demander à tout moment la liberté provisoire pour son client. Malheu­reu­se­ment, se désole-t-il, «le doyen des juges à dit qu’il ne donne pas la parole aux avocats». C’est suite à cela qu’ils ont décidé de quitter son bureau. «Nous sommes là pour exercer pleinement nos prérogatives de conseillers. Et si ces droits sont violés, nous refusons», martèle-t-il.
Après le retrait des avocats, le magistrat instructeur était dans l’impossibilité de continuer à en­ten­dre les prévenus poursuivis pour des crimes visés en matière criminelle et qui exigent, dit-on, «la présence obligatoire» de leurs conseils lorsque les personnes visées sont convoquées par le juge.
justin@lequotidien.sn

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