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Les pharmaciens privés du Sénégal se mobilisent aux côtés de Dr Cheikhouna Gaye pour que justice lui soit rendue. En conférence de presse hier, le syndicat pense que «les faits sont tellement graves qu’il va falloir prendre toutes les sanctions prévues dans de pareilles circonstances». Une sortie qui montre que la polémique n’a pas encore désenflé.

Les oreilles de «Cobra» continuent de siffler avec la multiplication de sorties, condamnant son comportement. A l’opposé, Dr Cheikhouna Gaye peut compter sur ses confrères s’il engage une procédure judiciaire contre le commissaire Bara Sangaré, coupable à leurs yeux d’abus de pouvoir. Le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal lui a exprimé hier son soutien et «toute» sa solidarité. Les pharmaciens qualifient le comportement du commissaire des Parcelles Assainies et ses éléments «d’agression» contre leur confrère dans l’exercice de ses fonctions.
Par ailleurs, le syndicat a pris acte de la décision de la hiérarchie policière qui a relevé le commissaire Sangaré de ses fonctions. En attendant la suite de la procédure disciplinaire lancée à son encontre. Mais aussi, il dit prendre acte de la visite du ministre de la Santé et de l’action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, à la pharmacie Serigne Mouhamed Fadilou Mbacké pour «apporter son soutien et dénoncer cet acte inqualifiable». Toutefois, les camarades de Dr Gaye estiment que «les faits sont tellement graves qu’il va falloir prendre toutes les sanctions prévues dans de pareilles circonstances».
Après ce qui s’est passé dans la nuit du 14 au 15 août dernier, selon Dr Assane Diop, secrétaire général du syndicat, «la profession pharmaceutique dans son ensemble a été choquée et scandalisée par la violence avec laquelle les agents de police se sont acharnés sur notre confrère qui a eu le seul tort de faire preuve de conscience professionnelle». Il ajoute : «Par cet acte qui heurte notre conscience et qui porte atteinte à la dignité et à l’honorabilité de notre profession, le commissaire Sangharé a fait preuve d’un abus d’autorité sans commune mesure.» Par ailleurs, Assane Diop a rappelé que «Dr Cheikhouna Gaye, pour avoir refusé de dispenser un médicament en exigeant la présentation d’une ordonnance, a été violenté, menotté comme un délinquant et conduit de force au commissariat de police des Parcelles Assainies par les hommes du commissaire Sangaré».
Le commissaire Bara Sangaré a été relevé de ses fonctions de commissaire de police des Parcelles Assainies à cause d’un zèle caractérisé. Il s’en était pris au pharmacien Dr Cheikhouna Gaye, officiant à la pharmacie Fadilou Mbacké, sise en face de l’hôpital Nabil Choucair, qui a refusé de lui vendre un médicament sans ordonnance. Il avait réagi en le faisait arrêter de force avec la complicité de certains agents avant d’être rattrapé par la polémique.

Dr Cheikhouna Gaye convoqué, «Cobra» muté à la Dgpn
L’affaire n’est qu’à ses premiers balbutiements : Dr Cheikhouna Gaye est convoqué ce samedi par la police dans le cadre de l’affaire Pharmacie Fadilou-Mbacké/commissaire Bara Sangaré. Il s’agit d’une procédure normale dans le cadre de ce dossier qui est devenu un caillou dans la chaussure de l’ex-inspecteur de police. On a appris que la police a récupéré les vidéos de surveillance de l’officine.
En attendant, l’Union des jeunes pharmaciens du Sénégal (Ujps) demande que l’enquête soit diligentée par la gendarmerie pour éviter «d’éventuels conflits d’intérêts».
Le commissaire a été muté à la direction générale de la Police nationale. Aujourd’hui, plusieurs versions s’affrontent sur cette affaire qui a rendu «Cobra» très célèbre. S’agit-il de contre-feux ? La vérité a-t-elle été tronquée par l’autre partie ? Autant de questions qui auront des réponses bientôt.

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