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Si la pandémie du Covid-19 est considérée par certains comme une opportunité à saisir pour l’Afrique, la mort de Georges Floyd aux Etats-Unis devrait constituer un déclic, un brutal rappel à la réalité, une nécessaire prise de conscience des Peuples africains face à la longue liste des défis à relever et que le coronavirus ne fait qu’allonger.
Et pourtant, le supplice de l’homme noir n’a que trop duré. Depuis le 17ème siècle, de toute la race humaine, l’Africain est le seul dont la chair a fait l’objet d’un commerce immonde, d’une telle ampleur.
«I can’t breathe» (je ne peux pas respirer). C’est le dernier mot pour ne pas dire l’ultime message adressé par Mister Georges à son Peuple.
Monsieur Floyd, le géant pacifique, est malmené, acculé, étouffé par le policier blanc, à l’image d’une Afrique qui a subi et continue de subir les pires maux, qu’ils aient pour nom : esclavage, colonisation, plans d’ajustement structurel ou néocolonialisme.
Cette affaire Floyd rappelle la mort de Adama Traoré en France. Lui aussi a été asphyxié par un policier. La discrimination subie par nos compatriotes africains tout récemment en République populaire de Chine, en plein confinement, ne fait qu’illustrer la donne, partout l’Africain est victime de racisme, méprisé, discriminé. Disons-le, cela doit cesser ! Et dire cela n’est pas de la victimisation comme certains aiment rétorquer quand les Noirs protestent et s’insurgent contre les mauvais traitements.
Devant la pression exercée par cette déferlante humaine qui réclame justice pour Mister Georges et toutes les victimes qui sont tombées sous les balles et les coups de la police, il est fort à parier que les adeptes des idéologies racistes sauront une fois de plus esquiver la vague de mécontentements. Combien de fois des manifestations de cette nature ont eu lieu en Amérique et pour les mêmes causes, sans que des réformes d’envergure ne soient adoptées ? Combien de fois des actes de racisme ont été notés en Europe ou ailleurs à travers le monde, sans que cela n’émeuve personne ?
En réalité, la souffrance ainsi que l’humiliation des Noirs à travers le monde n’est que le reflet de la situation des Africains vivant en Afrique. Si la situation change, la perception du monde envers les Noirs à travers le monde changera aussi. Au demeurant, l’Afrique reste le champ de bataille où se joue l’avenir de la race noire. La situation socio-économique de l’Afrique, les systèmes de gouvernance ainsi que la probité et l’intégrité des dirigeants africains constituent aujourd’hui et continueront d’être le baromètre du traitement des Noirs à travers le monde. Tous les autres événements qui se déroulent aux Etats-Unis, en France ou ailleurs ne sont que des variables. Alors si la constante change, les variables aussi changeront. Pour éliminer le racisme et la discrimination faite aux Noirs à travers le monde, l’Afrique doit être aux premières lignes du combat et le front de cette lutte se trouve en terre africaine.
Elhadji Amar LO-GAYDEL
Maire de Sagatta Gueth

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