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N’est pas homme politique qui veut ; n’est pas leader qui veut ; n’est pas président de la République qui veut encore moins homme de Dieu qui veut.
Nous sommes tous devenus ce que nous sommes aujourd’hui par la grâce de Dieu. Cette grâce définie comme étant la manifestation imméritée de l’amour de Dieu envers nous autres, pécheurs, recommande de nous tous : humilité, amour de son prochain, don de soi et respect de son prochain. Ce précepte divin dont tout croyant devrait être imprégné parce que conditionnant notre «bon vivre» sur terre a été occulté sciemment ou inconsciemment par deux de nos marabouts politiciens qui, en prétendant corriger religieusement un croyant, en l’occurrence M. Idrissa Seck, ont installé notre pays dans un tumulte aux conséquences morales désastreuses. Ils ont orchestré de ce fait un charivari dont ils n’ont pas mesuré les dommages collatéraux. En effet, non contents de mettre ce précepte sous l’éteignoir, ils se sont tristement illustrés en voulant s’ériger en «agents de Mou tawa», version sénégalaise, pour décréter des «fatwas» au moment où l’Etat saoudien a initié des réformes en matière de libertés individuelles ; lesquelles n’ont pas épargné la fameuse «Mou tawa», la police saoudienne, chargée de veiller sur la promotion de la vertu et la prévention du vice. L’une des mesures phare de ces réformes qui découle sans doute de la prise en compte à sa juste mesure, par les autorités saoudiennes, des limites de l’homme relativement aux prérogatives divines est que «les agents de cette police religieuse ne pourront désormais plus interpeller, détenir, ni pourchasser les personnes dont ils jugent le comportement offensant». Nos fameux marabouts politiciens se seraient-ils dépossédés volontairement ou insoucieusement de ce précepte dont ils sont les dépositaires par la grâce de Dieu et ont en charge sa vulgarisation à des fins éducatives pour créer tout ce tumulte, «fitna» dans le pays ? Ils ont ainsi enclenché une entreprise dont les Sénégalais continuent de s’interroger sur son intérêt et ses motivations réelles. De toutes les manières, au regard de la virulence de l’attaque, du mo­ment choisi et du profil des protagonistes, cette énième agression sur la personne de Monsieur Idrissa Seck ne saurait être détachée de cette entreprise de liquidation politique qui a commencé depuis la survenue de ses déboires avec le Président Wade. Tels des fauves déchaînés sur leur proie, nos deux hommes par qui est arrivé tout ce tumulte persistent dans leurs assauts cruels et ce, malgré la sagesse de notre vénéré guide religieux, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, khalife général des Mourides, qui s’est fait fort de calmer les esprits et d’inviter tous les croyants, de quelque confrérie qu’ils se réclament, à cultiver l’amour du prochain comme le veut notre religion à travers le Coran, parole de Dieu dont nous sommes abreuvés. Injustement traité par beaucoup de nos compatriotes qui se sont laissés aller dans cette campagne de diabolisation et de destruction politique de sa personne par ses «frères libéraux» d’antan, Monsieur Idrissa Seck continue de bénéficier de la Miséricorde, de la Mansuétude et de la Protection du Bon Dieu, pour être sorti indemne de tous ces assauts virulents. Sous ce rapport, nos deux justiciers devraient être interpellés et même présenter à leur tour des excuses publiques aux Sénégalais pour avoir installé ce pays dans une confusion totale qui a fini par exposer notre vénéré khalife général des Tijanes, Serigne Mbaye Sy Mansour, connu pour son recul, sa piété et son franc-parler, à des sorties désobligeantes que nous condamnons avec la dernière énergie. Parce que véritablement, si la question avait été traitée autrement (tel que recommandé par l’islam selon certains hommes religieux), nous n’en serions pas là. Quid de l’Etat pour une auto saisine pour trouble à l’ordre public, car cette affaire aurait pu déboucher sur des confrontations confessionnelles ? Quant à Idrissa Seck, victime désignée de tous ces critiques et reproches gratuits, régulièrement ressassés par ses adversaires politiques, il aura sans doute compris que cette clameur autour de sa personne relève plus d’un exercice d’entrave à l’assouvissement de ses ambitions politiques que d’une révélation de sa vraie nature (et d’ailleurs…) pour faire face et rester zen. Dieu est le Seul Maître de notre destin. Pour notre part, nous avons une lecture différente de toutes ces critiques que nous jugeons infondées pour les raisons ci-après, et invitons nos compatriotes à les observer avec beaucoup de détachement afin de mieux les apprécier.

Idrissa Seck est un homme pressé ?
Qui d’autre que Idrissa Seck, au regard du rôle qu’il a joué aux côtés de Maître Wade au moment où tous ces compagnons d’infortune l’ont abandonné au milieu du gué, pouvait légitiment prétendre être l’héritier naturel du Président Wade ? Nous avons toujours en mémoire les tournées chaudes de ce ticket Wade-Idy traînant dans son sillage dans les ruelles de la banlieue cette horde de jeunes pour lesquels il portait sur leurs frêles épaules tout un espoir. Cepen­dant, il est vrai que dans un pays comme le nôtre, décliner publiquement ses ambitions personnelles, tranchant net d’avec cette hypocrisie qui fait le lit de nos relations, revient à s’exposer aux foudres de cagoulards aux ambitions inavouées et qui mènent des batailles par procuration au moyen de leurs seconds couteaux. Rien de surprenant dans tout cela, d’autant qu’il est bien de chez nous l’adage : «Lou sotti am borom» (le fruit de la réussite profite aux usurpateurs).

Idrissa, un homme hautain, distant,
un imposteur qui
instrumentalise
le Coran ?
Quoi de plus normal pour un musulman de convoquer des versets du Coran et recommandations du Prophète (Swt) pour étayer ses propos et arguments pendant que des citations de philosophes, pour la plupart des athées, sont acceptées sans gêner personne outre mesure ? A moins d’y voir un désavantage concurrentiel par rapport à un adversaire politique, il est difficilement compréhensible qu’au Sénégal l’on pense un seul instant reprocher à un musulman de convoquer le Coran ou la Sunna du Prophète dans son discours.
Qu’un homme de sa trempe, qui ambitionne d’accéder à la Magistrature suprême puisse être traité de distant au point d’être confondu dans un qualificatif de hautain est tout fait compréhensible. La vérité est qu’il ne peut y avoir d’autorité sans distance. N’est-ce pas le Général de Gaulle qui disait : «Il ne peut y avoir aucun prestige sans le mystère, car la familiarité engendre le mépris» ? Quand on s’engage dans des chantiers consistant à assainir l’espace présidentiel en le débarrassant des médiocres au profit d’hommes compétents, comme cela a été le cas pour Idrissa Seck, en tant que directeur de Cabinet du président de la République, il n’y a aucune raison que la rançon ne soit pas celle qu’il est en train de récolter aujourd’hui et qui devrait le poursuivre tant qu’il aura en face, comme adversaires, ces gens de sa génération qui ne veulent que sa mort politique. Heureusement que les Séné­galais sont mûrs et capables de discernement.

Idrissa, un homme jaloux, méchant ?
«Macky Sall est le président de la République. Il dispose de par la volonté divine des prérogatives de décider n’importe quand et n’importe où, sur terre, sur mer et dans les airs et qu’il devrait s’estimer heureux d’avoir quelqu’un comme moi qui le surveille pour lui éviter de tomber dans les erreurs.» Ces propos de Idrissa Seck en réponse aux journalistes de la Tfm sur son rapport avec le Président Macky Sall, à l’occasion d’une conférence de presse relayée à travers les ondes de ladite télévision, avaient fini de lever certaines ambiguïtés quant à une prétendue jalousie de ce dernier des prérogatives présidentielles de Macky Sall. Malgré cette clarification, ces adversaires continuent de plus belle, nous faisant lire que cette entreprise relèverait plutôt d’une campagne tous azimuts de discréditation auprès des populations que d’une conviction fondée sur la vraie nature de M. Idrissa Seck. C’est de bonne guerre. Cependant, il n’est pas bon, pour le bel exemple que nous devons donner à nos enfants, que les batailles politiques usent de propos haineux et d’actes qui frisent l’animosité.
Cette seconde sortie dans la presse, comme du reste la première : «Qui a intérêt à “brûler” Idrissa Seck», parue dans le journal Le Quotidien du 15 mars 2018, procède de la haute opinion que nous nous faisons en tant que citoyen, observateur avisé de la scène politique, sur sa dimension d’homme d’Etat et du rôle qu’il devrait jouer dans notre Sénégal en quête d’émergence. Nous ne surestimons pas ses mérites ou son talent politique, mais nous considérons, au vu de son attachement aux valeurs de la Nation et de la République, que ses adversaires et même ceux qui s’affichent comme ses ennemis doivent lui reconnaître une légitimité certaine pour poursuivre son combat et parvenir un jour à diriger avec bonheur le Sénégal.
Mamadou FAYE
Hamo Grand Yoff Scat-Urbam

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