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Le nouvelle ministre des Affaires étrangères semble connaître la tâche qui l’incombe à la tête de la diplomatie sénégalaise qu’elle dirige depuis hier après une passation de services avec le ministre sortant. Me Aïssata Tall Sall a listé les axes prioritaires de sa mission sans oublier la question de l’émigration clandestine à laquelle elle voudrait trouver des solutions.

Me Aïssata Tall Sall est depuis hier dans ses nouveaux habits de ministre des Affaires étrangères. La première femme sénégalaise à occuper ce poste a reçu le témoin des mains du ministre sortant Amadou Ba. Mais pour rehausser la diplomatie sénégalaise et assurer une mission de service public, elle ne manque pas d’ambitions pour mériter la confiance placée sur sa personne. Pour ce faire, elle décline sa feuille de route de façon non exhaustive. «Il s’agira de doter notre action diplomatique d’une stratégie d’influence en Afrique pour continuer à enregistrer encore d’autres succès. Il s’agira aussi de recentrer nos priorités sur une meilleure efficacité de notre politique en visant des objectifs spécifiques tels que le renforcement de nos relations de proximité avec nos voisins par l’importance que nous accorderons aux institutions d’intégration politique et économique, l’Omvs, l’Omvg, le Cills, l’Uemoa, la Cedeoa, l’Ua, entre autres. Il s’agira également de définir et d’adopter une politique cohérente et efficace de placement de nos cadres au sein des organisations intergouvernementales. Il s’agira de définir une meilleure carte diplomatique pour l’adapter aux réalités géopolitiques et à nos priorités en matière de développement. Il s’agira enfin de travailler à un meilleur encadrement de la contribution de notre grande diaspora au développement économique et social de notre pays», liste-elle. Mais l’avocate ne compte pas se limiter à ces points. Elle est aussi préoccupée par le sujet crucial de l’émigration. Ainsi, elle compte en conséquence guider son action vers deux directions. La première vers la mise en place effective d’une politique hardie de l’orientation des avoirs financiers des migrants vers l’investissement dans des secteurs productifs de l’économie nationale. La seconde vers une politique novatrice hardie de lutte contre l’émigration clandestine.
Pour «les enfants qui affrontent la mer et souvent la mort», la ministre de Affaires étrangères pense qu’il faut leur donner l’espoir d’une vie meilleure possible ici dans notre pays. Selon elle, «nous devons déconstruire le mythe dans leur esprit d’une réussite qui ne serait possible qu’ailleurs». A l’en croire, des mécanismes de soutien et d’incitation ont été mis en place sous l’autorité du ministre sortant Amadou Ba. Elle promet de continuer à œuvrer avec le secrétaire d’Etat, Moïse Sarr, pour travailler à la formalisation des appuis que l’Etat va consentir pour sa jeunesse avec des structures comme la Der, l’Adepme, l’Anida, le Pudc entre autres.
Me Aïssata Tall Sall est d’avis qu’il faut regarder en face cette question complexe pour apporter des solutions qui éviteront à la jeunesse de se jeter à la mer. Elle pense que la réalisation de son plan d’action ne s’aurait se faire sans la jeunesse.

Amadou Ba satisfait de son bilan
Le ministre sortant dit partir avec un sentiment de mission accompli. Amadou Ba a fait état de ses réalisations. En se définissant comme un commis de l’Etat, il a d’emblée montré qu’il n’est pas à sa première passation de services après une trentaine d’années passées dans l’Administration.
Pour lui, la diplomatie est le domaine réservé du chef de l’Etat qui fixe les politiques qu’il définit. Et comme un chef d’orchestre, souligne-t-il, le ministre est chargé de l’exécution de la partition avec le concours des diplomates. Et c’est ainsi qu’il est arrivé, malgré les conséquences du Covid-19, à faire des résultats.
Il en veut pour preuve des réalisations sur le plan bilatéral, où dit-il son action est portée sur la consolidation de la démocratie et de bon voisinage, l’intégration africaine et la contribution à la paix et à la sécurité dans la sous-région en Afrique et dans le monde.
Avec la Gambie, dit-il, le Sénégal a poursuivi les liens privilégiés d’amitié et de coopération. Avec la Mauritanie, le Sénégal, poursuit Amadou Ba, s’est inscrit dans une perspective d’exploitation conjointe des richesses communes «pourtant synonymes de malédiction sous d’autres cieux». Avec la Guinée- Bissau, le dossier de partage a été aussi bouclé, informe-t-il. Avant de rappeler la position du président de la République au lendemain de la crise au Mali. Amadou Ba n’a pas oublié la réélection du Sénégal au Conseil de sécurité de l’Onu pour l’année 2020-2021. En outre, le ministre sortant des Affaires étrangères a promis d’apporter son soutien à Aïssata Tall Sall qu’il considère comme sa sœur.

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