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L’affectation de 236 ha dans la zone de Bandia par la mairie de Sindia aux Ciments du Sahel pour l’extension de leur usine n’est pas du goût de certains acteurs touristiques. C’est le cas de l’Organisation nationale pour l’intégration du tourisme sénégalais (Onits). Par le biais de son président Doudou Gnagna Diop, cette structure dénonce cet état de fait. «Aujourd’hui très franchement, l’Onits condamne vraiment ce qui va se passer», martèle M. Diop. Qui indique que sa structure «va attirer l’attention du gouvernement sur cette question» avec les risques que court un des outils les plus importants du secteur du tourisme au Sénégal.
«Quand j’ai appris il y a 15 jours l’histoire de Bandia, je suis resté un peu ébahi. Nous sommes en train de voir les solutions pour redresser notre industrie touristique et Bandia fait partie des produits phare de la Petite Côte, du Sénégal et même de la sous-région, en termes d’attractivité, d’investissements innovants», fait remarquer le président de l’Onits.
L’investisseur Doudou Gnagna Diop ne manque pas d’arguments pour la défense de ou la préservation de Bandia. Puisque dans ses explications, il ressort : «On pourrait trouver des solutions idoines pour justement éviter d’ensevelir Bandia dans les carrières.» Et M. Diop de citer les exemples de «Allou Kagne, de Niayes et un peu loin de Bandia». «Bandia, c’est une réserve de renommée internationale. Aujourd’hui, c’est l’un des parcs qui fonctionnent le mieux. Moi-même, j‘ai un parc écotouristique à Nianda. Mais il n’y a aucun parc au Sénégal qui égale Bandia. Donc voir ce produit touristique qui fait vivre les hôtels de la Petite Côte à travers les excursions, la promotion» être agressé de la sorte, «c’est une perte, c’est une grande perte que nous allons avoir devant nous, sans compter les personnes ressources qui sont des enfants de la zone», ajoute Doudou Gnagna Diop.
«Aujourd’hui avec les problèmes économiques, ils vont se retrouver dans la rue. On a déjà cassé des hôtels ici à Warang, à Nianing, sur la Petite Côte dans un passé récent. Je ne pense pas qu’aujourd’hui on a besoin de cette problématique avec le produit touristique Bandia», prévient la personne morale de l’Organisation nationale pour l’intégration du tourisme sénégalais.
Par ailleurs, Doudou Gnagna Diop renseigne que «ce qui se passe autour de Bandia, personne n’en parle, mais du côté de Sindia jusqu’aux villages environnants, on respire là-bas la poussière des calcaires. Aujour­d’hui, vous pouvez faire une étude en termes de sécurité de santé, beaucoup d’enfants sont asthmatiques avec la poussière et les particules fines que nous ne voyons pas, que nous respirons. Il y a aussi cet aspect qu’il faut voir».
Le président de l’Onits n’est pas loin de suggérer : «Les carrières doivent être éloignées de là où les populations habitent, sans compter les poussières que ça englobe autour de l’aéroport. On peut se demander s’il n’y aura pas danger avec toutes ces carrières qui s’ouvrent à quelques encablures de notre aéroport international. Ça mérite réflexion pour tout le monde, pour toute personne imbue et consciente que notre pays a besoin d’une propulsion en termes économique, social et environnemental».

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