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Mécaniciens, tauliers et vulcanisateurs sont des métiers liés au transport routier. Quand le transport routier s’enrhume, ces métiers-là toussent. Ces artisans ne font, apparemment, pas partie des corps de métiers programmés pour bénéficier, es-qualité, du Programme de résilience économique et sociale annoncé par le chef de l’Etat dans son discours à la Nation du 3 avril dernier. Ils demandent que l’Etat rectifie le tir.

C’est le calme plat dans les ateliers des artisans de l’automobile de la commune de Vélingara regroupés sur la route de Tambacounda à la sortie Est de cette ville de la région de Kolda. Ici se trouvent des ateliers de tôlerie, de mécanique auto, de soudeurs et de vulcanisateurs. Les apprentis se tournent les pouces, blaguent entre copains ou préparent le fameux thé sénégalais, tandis que les maîtres-artisans jouent à déboulonner une vis dans de vieilles carrosseries ou se mettent à lubrifier un moteur d’un âge quelconque. Ou débattent des dernières nouvelles liées à la prévalence nationale du Covid-19. Près de 2 heures de temps mis à cet endroit, pas un seul véhicule n’a accosté pour se faire dépanner, rafistoler une carrosserie ou encore gonfler une roue. Seules 2 à 3 motos en état de crevaison sont passées chez le vulcanisateur.
Le président de l’Association des artisans du département de Vélingara, Amadou Mbathie, technicien en mécanique auto de son état, trouvé adossé à un poteau, jambes étalées, attendant le fameux thé, renseigne : «Vous pouvez faire le constat. Il n’y a pas de boulot. Quand le transport s’arrête, nos ateliers arrêtent de fonctionner. Nous nous occupons de vieux engins garés-là depuis longtemps pour récupérer des pièces, lubrifier un moteur ou encore laver nos outils de travail.» Mani­festement assez sérieux dans le propos et la mine, il ajoute : «Avant cette situation, personnellement, j’arrivais à recevoir 10 à 15 véhicules par jour. Maintenant, nous restons parfois, toute une journée sans recevoir un kopeck. Mais, nous sommes obligés d’être-là tous les jours, nourrissant l’espoir que chaque jour sera différent du précédent à notre avantage.»
Le vulcanisateur Chérif Diallo fait le même constat : «Il faut que les pneus des véhicules s’usent sur le goudron pour que nous ayons du boulot. S’ils sont à l’arrêt, il est normal que notre travail s’arrête aussi». Idem pour le taulier Samba Sow qui dit : «Déjà, je suis celui qui recevait le moins de boulot en temps normal. Avec cette situation, imaginez ce que je dois vivre.»
Toutefois, ces artisans n’en veulent à personne. D’ailleurs, un brin fataliste, Amadou Mbathie dit : «La situation va finir et peut-être accouchera de nouveaux projets plus rentables pour nous. Seulement, nous sommes oubliés dans le discours du chef de l’Etat du 3 avril dernier. A moins que je ne me trompe, il est question de soutenir les secteurs du transport et de l’hôtellerie. Les artisans de l’Automobile sont oubliés. Sans les mécaniciens, la voiture du chef de l’Etat ne va pas rouler avec toute l’assurance requise.» Il poursuit : «Si c’est un oubli, vraiment qu’on rectifie. D’ailleurs, les transporteurs sont moins impactés que nous. Eux sont autorisés à rouler de manière rationnée. Moins ils roulent moins nous travaillons. Ce sera dur pour nous.»

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