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Fallou Sène, étudiant en L2 à l’Ufr de lettres et sciences humaines (Ufr Lsh), a été tué hier par balle au cours d’affrontements ayant opposé Forces de l’ordre et étudiants. Une vingtaine de personnes ont été blessées dont 18 gendarmes évacués à l’hôpital régional de Saint-Louis. C’est le bilan de la journée d’hier à Saint-Louis plongée dans un deuil. En attendant les résultats de l’autopsie, la colère la communauté étudiante est à son paroxysme. Pourquoi on en est arrivé à ce final tragique ? Les étudiants de l‘université Gaston Berger sont courroucés par le retard de paiement de bourses, qui a soulevé depuis plusieurs jours une vague de contestations.
Lassés par la longue attente, les étudiants ont décidé depuis quelques jours d’observer les Jst (Journées sans tickets) jusqu’au versement de leurs allocations d’études. Les responsables des restaurants et autres responsables de l’université avaient laissé faire jusqu’à ce que les étudiants décident dans la journée du lundi de prolonger encore ces Jst. Mais, le rectorat avait décidé de reprendre les choses en main en signifiant aux pensionnaires de l’Ugb que les restaurants universitaires seront sécurisés et qu’il ne sera plus permis aux étudiants de se nourrir gratuitement. C’est ainsi que la gendarmerie s’est déployée pour assurer la sécurité des lieux. Décidés à mettre à exécution leur plan, les étudiants se sont heurtés à l’intransigeance des Forces de l’ordre. Il s’en est alors suivi des heurts extrêmement violents. C’est au cours de cette altercation que les gendarmes auraient tiré des balles réelles dans des circonstances qui restent encore à être élucidées. Fallou Sène a reçu une balle avant d’être évacué à l’hôpital régional de Saint-Louis où il décédera des suites de ses blessures. Une vingtaine de personnes, dont 18 gendarmes, ont été également blessées. elles ont été toutes évacuées aussi au Centre hospitalier régional de Saint-Louis où elles sont prises en charge. Né le 14 mai 1993 à Patar (région de Diourbel), marié et père d’un enfant, Fallou Sène était étudiant en deuxième année de licence à l’Ufr Lettres et sciences humaines.

18 gendarmes blessés
Quelques heures après la survenue de cet incident, le rectorat a sorti un communiqué laconique pour donner sa version des faits. Tout en reconnaissant avoir requis les gendarmes pour sécuriser le campus. «L’inter­vention des Forces de l’ordre a fait suite à une réquisition du recteur de l’Ugb pour sécuriser les restaurants universitaires à compter du lundi 14 mai 2018 après le renouvellement par  la Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl) d’un mot d’ordre de 48h de restauration gratuite pour protester contre le retard du paiement des bourses», lit-on dans le communiqué.
Ce qui fait que la colère des étudiants était plus orientée vers les autorités universitaires. Car, ils ont saccagé plusieurs édifices publics mais également des bâtiments universitaires dont le rectorat, le Centre des œuvres universitaires (Crous) et la maison du ministre de l’Enseignement supérieur, Mary Teuw Niane, située à Ngallèle à quelques kilomètres de l’université. L’irritation des étudiants était perceptible lors de la conférence qu’ils ont tenue après la tragédie. Alexandre Mapal Sambou, président de séance de la Coordination des étudiants, a fustigé la négligence des autorités dans cette affaire. Ils ont d’ailleurs réclamé la démission du recteur de l’Ugb, Baydallye Kane, du directeur du Crous, Ibrahima Diaw, et de plusieurs ministres responsables de ces «actes de lâcheté». Il s’agit notamment des ministres de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, de l’Enseignement supérieur, Mary Teuw Niane, et des Finances, Amadou Ba, qu’ils accusent d’être «responsables de cette situation pour avoir non seulement refusé de payer les bourses mais aussi pour avoir donné l’ordre aux Forces de l’ordre d’investir l’université». Très remontés, les étudiants de Sanar réclament également l’arrêt de la répression des étudiants dans le campus, qui risque d’être paralysé pendant plusieurs jours.
cndiongue@lequotidien.sn

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