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La culture malienne fut glorifiée vendredi dernier à l’Institut français de Dakar par l’artiste Habib Koïté. Le natif de Thiès qui se produisait dans le cadre de la 16ème édition du Festival Africa fête, a chanté les valeurs de bravoure, la fraternité qui caractérisent la culture de son pays d’origine.

Par Babacar Guèye DIOP

Des lettres de noblesse de la culture malienne ont résonné dans les couloirs de l’Institut français de Dakar, vendredi dernier à l’occasion de la soirée d’ouverture de la 16ème édition du Festival Africa fête. L’un de ses brillants ambassadeurs en l’occurrence Habib KoÏté, par des instruments de musique traditionnels, a rappelé devant le public très européen, les symboles de bravoure, de fraternité et de convivialité qui caractérisent la culture de ce pays situé à l’Est du Sénégal. Après une première partie ingénieusement réussie par la chanteuse Mama Sadio, Habib Koïté fait son apparition aux alentours de 21h50. Guitare solidement plaqué sur sa poitrine, dreadlocks hauts perchés sur sa tête, l’artiste malien déroule par des notes tout en douceur. La météo dakaroise qui affiche une vingtaine de degrés n’a pas eu d’impact sur la forte présence du public. L’orchestre composé de 3 guitaristes, un batteur de calebasse et une virtuose de tara s’efforce de chauffer le public.
A travers sa musique, Habib Koïté réussit à rassembler les genres différents propres aux ethnies du Mali en créant une nouvelle approche musicale attachée à ses racines mais ouverte sur le monde. Ce, au grand bonheur des spectateurs qui par des applaudissements collectifs et rythmés célèbrent l’artiste. Certains d’entre eux, se permettent même de monter sur scène pour des pas de danse avec l’artiste malien. Après ce moment d’ambiance joviale, Habib Koïté plonge de nouveau le public dans la tristesse, en usant d’un ton mélodramatique pour prêcher la paix en Afrique. «La paix doit régner en Afrique. Ce continent est freiné par des conflits. Il faut que cela cesse», invite-t-il sous les ovations au moment où son pays continue de faire l’objet d’attaques djihadistes. Avec un pied solidement ancré dans le passé et l’autre résolument prêt à évoluer dans le monde actuel, l’artiste qui chante en Bambara a étalé son savoir-faire tant sur le plan vocal qu’en maniant son instrument de prédilection : la guitare.
Par habitude, les spectacles se terminent à 23 heures à l’Institut français. Mais le concert du Malien s’est poursuivi jusqu’aux alentours de minuit sur la demande incessante du public. «Je voyage partout dans le patrimoine musical malien et mon objectif est de valoriser toutes ces traditions en les intégrant dans ma musique», sourit-il, prédisant une année de paix en 2017. Avec 8 albums à son actif, Habib Koïté, natif de Thiès en 1958, produit au Festival Africa fête pour la deuxième fois. Son dernier passage à Dakar remonte en 2002. Et son retour pour cette édition de 2016, n’a pas déçu les mélomanes de l’institut français.
bgdiop@lequotidien.sn

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