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Les tee-shirts floqués «Bargny dit non à la centrale» sont de ressortis et les pancartes estampillées «Doufi taaké (ne s’allumera pas)» dépoussiérées. Autour d’une mobilisation aux abords de la centrale à charbon, les habitants de la commune ont étalé samedi leur colère. Les propos du directeur de la Senelec récemment  relayés par l’As, Bargny ne les digère toujours pas de fait. «Nous exigeons de lui des excuses publiques et des explications. Bargny n’a plus à consentir des sacrifices. Nous avons donné nos terres pour l’implantation du pôle urbain. La Sococim nous a pris plus de 400 hectares,  il y a le port minéralier et la centrale à charbon qui ont pris les espaces cultivables ; des agressions que nous avons pu supporter. Mais quand le directeur de la Senelec offense ce peuple digne en disant que c’est la pauvreté qui le tue, nous disons que c’est l’agression du siècle», a martelé Babacar Cissé. «La communauté bargnoise est résiliente depuis la nuit des temps. Elle a toujours vécu dans la dignité en s’activant dans la pêche et l’agriculture», a rappelé pour sa part le porte-parole du jour, Cheikh Tidiane Guèye.  Qualifiant les propos du Dg de la Senelec de bourde monumentale, M. Guèye est d’avis que les dits propos demeurent une attaque contre le régime actuel. «Si c’est une commune de Bargny pauvre dans un Sénégal pauvre, nous disons que c’est le gouvernement qui est le principal responsable et nous laissons cela à l’appréciation du régime», a-t-il estimé, assurant que c’est la centrale qui va appauvrir la commune. «Au démarrage des activités de la centrale, les femmes transformatrices seront obligées de quitter leur activité qui fait vivre leurs familles et les pêcheurs vont être confrontés à la raréfaction de la ressource, sans compter l’agriculture pour laquelle les espaces dédiés ont été engloutis par le port minéralier et la centrale à charbon», a-t-il relevé. «Ce n’est pas la fumée de la centrale qui agresse et tue à Bargny mais la pauvreté, et dans la cadre de la réduction de la pauvreté et pour la création de richesse, il faut forcément régler le problème de la contrainte énergétique même si une génération de Sénégalais doit mourir pour que celle du futur puisse bénéficier de cette infrastructure.» Tels étaient les propos de Makhtar Cissé dans l’As. Une sortie qui a réveillé les ardeurs dans le combat  contre la centrale à charbon qui, depuis quelque temps, avait perdu de son ampleur.  Le Quotidien a appris que le directeur de la Senelec a effectué la prière du vendredi dernier à la grande mosquée de Bargny gueej pour sans doute arrondir les angles.
abndiaye@lequotidien.sn

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