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Ibrahima Lissa Faye.

Les auteurs de l’agression de la camerawoman de Dakaractu, Adja Ndiaye, doivent être identifiés et sanctionnés conformément à la loi. L’Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne (Appel), a adressé une lettre de protestation au ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye. D’autres organisations de la presse, la Convention des jeunes reporters (Crjs) et le Synpics ont aussi dénoncé ces actes.

Justice pour Adja Ndiaye de Dakaractu, agressée par des éléments du Groupement mobile d’intervention (Gmi) sur le terrain de reportage ! Les auteurs de cette agression doivent être identifiés et punis conformément aux lois et règlement qui régissent l’Administration sénégalaise, ce qui servira de leçon afin que les agressions contre les journalistes et techniciens cessent. C’est l’appel de l’Asso­ciation des éditeurs et professionnels de la presse en ligne (Appel). Cette dernière a révélé d’ailleurs que l’état de santé de la camerawoman s’est beaucoup dégradé, particulièrement ce mardi-matin (hier), plongeant sa famille, ses proches et les membres de sa rédaction dans l’inquiétude. Raison pour laquelle, les éditeurs de la presse en ligne comptent ainsi se joindre à toute action initiée par la direction de Dakaractu ou les autres entités des médias. Et le président de l’Appel, Ibrahima Lissa Faye, a adressé une lettre de protestation au ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, avec des ampliations à Reporters sans frontières (Rsf), à la Fédération internationale des journalistes (Fij) et au Comité de protection des journalistes (Cpj).
«Les éditeurs de la presse en ligne viennent, par la présente, protester vigoureusement contre la violence gratuite et répétée dont les éléments de la Police nationale font montre très souvent sur le terrain. Les cas d’agression contre les journalistes, par des policiers, sont devenus très récurrents et inquiétants. Si ceux qui sont censés nous protéger, nous attaquent, nous tabassent et exercent des abus de toutes sortes contre nous, personnel des médias, il y a de quoi désespérer», a pesté le patron du site Pressafrik. Et de renchérir : «L’agression sauvage subie par Adja Ndiaye, camerawoman à Dakaractu, ce lundi 28 septembre 2020 à la Porte du millénaire sur la corniche ouest, vient, malheureusement, confirmer cette série de violences exercées par des agents de police contre des journalistes. Elle a été prise à partie par une demi-douzaine de policiers qui l’ont menottée, embarquée dans la fourgonnette avant de la rouer de coups.» L’Appel rappelle que sous le magistère de Aly Ngouil­le Ndia­ye, de nombreux cas d’agression de journalistes ont été notés sans qu’aucun des cas ne soit suivi d’effets. «Les jeunes reporters sont aujourd’hui de plus en plus exposés face à la furie des Forces de l’ordre qui ont pourtant l’obligation d’assurer leur protection plutôt que de jouer aux bourreaux», constate pour sa part la Convention des jeunes reporters du Sénégal (Crjs) qui souligne avoir déjà appelé le ministre de l’Intérieur «à mettre un terme à cette violence inouïe dont font usage ses services vis-à-vis des reporters». A cet effet, l’Appel propose la mise en place d’un cadre qui permettra à la hiérarchie de la Police nationale et aux responsables de rédactions, de s’accorder sur les voies et moyens d’éviter ces heurts récurrents qui portent atteinte à l’image du Sénégal au niveau international.

Les syndicats dénoncent
Dès les premières heures après l’agression, les condamnations ont fusé aussi bien du monde de la presse que des autres composantes de la société. C’est ainsi que le Secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication (Synpics) s’est rendu au chevet de la technicienne. Hier, c’est la Convention des jeunes reporters qui a exprimé son indignation dans un communiqué de presse. «La Convention des jeunes reporters du Sénégal (Crjs) dénonce cet acte de barbarie subi par notre consœur et espère que des sanctions fermes, à la hauteur de l’abus, seront prises contre les auteurs d’un tel acte impardonnable dans un Etat de Droit», indiquent les jeunes reporters. Ils déplorent en outre le caractère récurrent de ces agressions.

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