PARTAGER

La finance digitale est applicable au secteur agricole. Mais aux yeux de certains spécialistes, l’approche chaîne de valeur demeure un des préalables à l’introduction des Services financiers développés à partir de moyens de transaction électronique dont les services financiers mobiles. Intervenant hier, à un panel sur «la finance digitale et agriculture» organisé par le Groupe Ecobank, Bruno Aka, consultant en inclusion financière a expliqué que généralement, les études ont montré que c’est au sein des chaînes de valeurs que l’application de la finance digitale est possible. «Les chaînes de valeur organisées comportent trois compartiments. Le premier compartiment concerne les fournisseurs des services financiers, à savoir les banques, les institutions de microfinance entre autres ; le deuxième compartiment est relatif aux producteurs, fournisseurs d’intrants et le troisième compartiment regroupe les services de soutien, tels que la formation technique, la formation commerciale… », indique le spécialiste. Aussi souligne-t-il, au sein des chaines de valeurs agricoles, on note essentiellement, deux types de flux : les flux financiers et les flux informationnels.
En ce qui concerne les flux informations, des solutions web et mobile dédiées à l’agriculture commencent à se multiplier au Sénégal. Parmi ces plateformes, on peut citer mLouma qui a été présentée hier aux participants de ce panel. Cette solution selon son initiateur, Aboubacar Sydi Sonko, permet de connecter de fournir des informations fiables aux agricultures et aux acheteurs.
Ainsi considère M. Aka, «au Sénégal, on est sur la bonne voie. En effet, le pays appartient à la Zone Uemoa, les textes réglementaires sont assez robustes. La Bceao a pris de bonnes dispositions pour encadrer et encourager l’activité et qu’au Sénégal, la finance digitale est une réalité et fait son petit bonhomme de chemin. On peut utiliser ces acquis-là pour fournir des services de qualité au secteur agricole».
Pour ce qui est fondamentalement des flux financiers, il a esquissé quelques propositions. «On peut faire des paiements, des transferts et proposer au monde agricole d’autres types de services financiers. On peut aussi proposer des solutions pour faire le suivi de la traçabilité. Car, souvent dans nos économies, la production n’est pas tracée. Il est possible également, de développer des applications qui vont instruire les agriculteurs sur la qualité des sols, le suivi des cultures, sur la météo … », a-t-il suggéré aux participants de cette rencontre. Qui a été une occasion d’échanges entre les acteurs du monde agricole d’une part et les Institutions financières et de développement d’autre part, sur les opportunités offertes par l’essor de la finance digitale. Cette initiative répond à l’ambition du Groupe Ecobank de contribuer à une inclusion financière plus forte au sein de nos économies à travers des solutions modernes et sécurisées.

Inclusion financière : 83% des Sénégalais adultes exclus
Malgré les avancées en matière d’inclusion financière, 83% des Sénégalais adultes restent financièrement exclus, a rappelé hier Bruno Aka, spécialiste en inclusion financière. Par rapport au sexe, relève-t-il, «le taux d’inclusion financière des hommes est supérieur à celui des femmes. Près 22% des hommes sont inclus, alors que seuls 11% des femmes sont incluses. Lorsque nous amenons cet indicateur par rapport aux zones, notamment entre le monde rural et le monde urbain, il ressort que les zones urbaines sont plus incluses». Par rapport à l’âge, il indique que «la tranche d’âge comprise entre 25 et 44 ans reste la cohorte la plus financièrement incluse. Par région, on note que Dakar et Ziguinchor sont la tête de fil en termes de d’inclusion financière, avec un taux de plus de 20% d’inclusion financière. Par contre, Louga, Matam et Tambacounda demeurent les régions les moins incluses financièrement au Sénégal. Car le taux d’inclusion est en deçà de 5%».
Par conséquent, beaucoup restent à faire pour booster l’inclusion financière au Sénégal, notamment à s’attaquant au faible niveau de scolarisation dans le monde rural.

dialigue@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here