PARTAGER

La dégradation du sol coûte 550 milliards de francs Cfa au Sénégal, selon Dr Mamadou Ndiaye, chercheur, expert agronome. Ce dernier préconise une utilisation bio pour fertiliser le sol.

550 milliards de francs Cfa, c’est ce que coûte la dégradation des sols au Sénégal, selon les estimations du Dr Mamadou Ndiaye. Ce chercheur, experte agronome, explique que sur les 3 millions 800 ha de surfaces cultivables au Sénégal, 2 millions 400 mille ha sont fortement dégradées. «Il existe donc une justification économique pour investir dans la restauration de la fertilité des sols», plaide-t-il. M. Ndiaye intervenait hier, lors d’une rencontre autour du thème «Quelles solutions pour une agriculture saine et durable au Sénégal ?». Mais outre l’aspect économique, la dégradation du sol a des conséquences néfastes sur la sécurité alimentaire, d’après l’expert agronome. Elle diminue le rendement agricole, car annuellement c’est 300 à 1 200 ha qui sont dégradés à cause des fertilisants chimiques. Mais ces intrants chimiques ne sont pas la seule cause de dégradation du sol. A en croire M. Ndiaye, la culture expansive, la pratique des cultures sur brûlis, la réduction du couvert végétal du fait de la sécheresse et de la déforestation, la surcharge du bétail transhumant ou divagant, la baisse et l’instabilité de la pluviométrie, la salinisation et l’acidification, entre autres, contribuent fortement à dégrader la fertilité du sol. Et quand on sait que le pays est engagé à atteindre l’autosuffisance alimentaire dans les années à venir, il devient crucial de résoudre ce problème. Ainsi Dr Mamadou Ndiaye, qui a passé 30 ans à étudier ce phénomène, pense que l’utilisation de fertilisant chimique peut apporter dans l’immédiat une solution pour accroître le rendement, mais dans le long terme, elle contribue à dégrader le sol ; d’où «l’utilisation et la valorisation de la matière organique pour la fertilisation du sol». Ainsi recommande-t-il d’utiliser la paille à la place des produits chimiques. Le chercheur recommande ainsi «d’utiliser les formes évoluées de cette matière organique comme le compost qui stimule la fourniture en éléments fertilisants pour la plante, la combinaison de l’apport du fumier, la supplémentation des animaux en azote et phosphore, et les résidus de poisson». Sans cette amélioration, «tout effort serait vain pour augmenter durablement la production agricole».
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du lancement officiel des activités au Sénégal du Groupe Eléphant vert, acteur agricole panafricain dans le secteur du bio-contrôle (bio-fertilisants, bio-pesticides…). Elle a pour objectif «de favoriser le partage et l’échange de bonnes pratiques sur la préservation des sols arables, le maintien des ressources agricoles et les bonnes pratiques à encourager».

mgaye@lequotidien.sn